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Mercredi 16 avril 2003

CANCER
Dépistage
Le seul cancer sexuellement transmissible peut être évité

UN VIRUS MÉCONNU, appelé papillomavirus, sexuellement transmissible, est la cause unique chez les femmes de l'apparition de cancer du col de l'utérus, responsable de 1 600 décès par an en France et de 200 000 morts dans le monde. A l'occasion hier du congrès Eurogin 2003, à Paris, des gynécologues ont donné une description de l'état des connaissances sur ce sujet. « Deux millions de femmes sont porteuses du virus de façon persistante, sans le savoir, en France », révèle le professeur Joseph Monsonego, président du congrès scientifique d'Eurogin 2003. Dans la très grande majorité des cas, leur système immunitaire réussit à se débarrasser du virus. Mais il arrive aussi que ces papillomavirus donnent des infections plus ou moins graves, le stade le plus élevé étant le cancer du col de l'utérus, qui frappe 4 000 Françaises par an.
« L'importance de la prévention » Bonne nouvelle toutefois, « on a un bon espoir d'arriver à éradiquer dans un proche avenir ces cancers. Si le dépistage est bien fait, on repère la lésion, on opère et c'est fini. Mais il faut ancrer encore plus dans les têtes l'importance de la prévention », ajoute-t-il. Les chercheurs espèrent aussi qu'une nouvelle génération de tests dits HPV (nom du papillomavirus en anglais), permettant d'éviter « à 100 % » les risques d'erreur, va être de plus en plus utilisé. Ils coûtent 46 € et ne sont pas remboursés, mais la décision sur le sujet devrait être prise par le ministère de la Santé. Le frottis classique, lui, coûte 15 € et est remboursé à 100 %. Ajoutant un peu plus au mystère qui les entoure, les infections provoquées par les papillomavirus ne donnent aucun symptôme... avant d'être repéré par un frottis. Selon le docteur Christine Clavel, du CHU de Reims, qui suit 12 500 patientes, « le tabac, la contraception orale (pilule), la multiplicité des partenaires, la précocité des rapports sexuels sont des facteurs favorisant l'apparition de l'infection ». Chez les hommes, qui en sont aussi porteurs, le virus ne déclenche pas de pathologies, sauf chez quelques sujets immuno-déprimés. Plusieurs équipes de chercheurs travaillent sur la piste d'un vaccin préventif. Actuellement, les résultats ne montrent une protection réelle que dans 70 % des cas, ce qui est encore trop faible pour obtenir une autorisation de mise sur le marché. Mais les médecins ont bon espoir d'arriver à un vaccin plus performant dans les cinq ans à venir.

Marc Payet

Le Parisien , mercredi 16 avril 2003

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-04-16 12:50:42
Permalien SEXE, CANCER


Vendredi 14 février 2003

ODEURS
Les odeurs créent des images dans le cerveau, qui aident à faire son choix

DENVER (Etats-Unis), 14 fév (AFP) - Délicat parfum de rose ou effluves de mâle en rut, des chercheurs ont réussi à visualiser l'effet des odeurs dans le cerveau de la souris pour comprendre comment elle analyse les informations transmises par l'odorat pour prendre certaines décisions, parmi lesquelles le choix d'un partenaire sexuel.

Ces travaux présentés jeudi lors d'une conférence scientifique à Denver (Colorado, ouest) constituent une première dans la visualisation des informations transmises au cerveau par le nez.

"Nous avions besoin d'un moyen pour voir quelle partie du bulbe olfactif était activée par différentes odeurs", a expliqué Lawrence Katz, neurobiologiste à Duke University, qui a mené l'étude sur des souris. "Nous avons réussi en utilisant une technique nous permettant de prendre une photo du bulbe quand il est stimulé par une odeur spécifique".

Le chercheur et son équipe ont ainsi collecté l'équivalent de l'empreinte digitale laissée par chaque odeur dans le cerveau, une image que les humains, comme les souris, paraissent utiliser pour réagir à ce qu'ils sentent.

M. Katz et son équipe ont étudié l'effet sur le cerveau de substances produites par les mammifères, appelées phéromones, qui contiennent notamment des informations indiquant le statut social ou le cycle de reproduction.

Chez la souris, ces signaux sont perçus par un système olfactif auxiliaire, entièrement distinct du système principal permettant par exemple de reconnaître l'odeur d'un bouquet de lilas.

Ce système olfactif et sa capacité à analyser les phéromones, relativement méconnus jusqu'à présent, faisait l'objet de l'étude menée par les chercheurs de Duke, et présentée à Denver avant sa publication dans le courant 2003 par la revue Science.

Les travaux révèlent que les neurones de ce système olfactif sont réglés avec une grande précision pour lire les phéromones et ainsi décoder la carte d'identité d'une autre souris, de son sexe à son rang social dans le groupe, ce qui aide notamment les mammifères à choisir leurs partenaires.

"La visualisation de la phéromone fournit des informations vitales sur la réceptivité sexuelle des femelles et la hiérarchie de domination chez les mâles, entre autres choses", a expliqué le professeur Katz.

Pour les besoins de cette étude, les scientifiques ont implanté trois microélectrodes dans certaines régions du cerveau d'une souris, permettant d'enregistrer la réponse de chaque neurone étudié à différentes phéromones.

Puis ils ont introduit successivement plusieurs souris dans la cage, pour analyser la réponse de la souris portant les électrodes. Ses neurones ont réagi de façon très différente aux phéromones dégagées par chaque souris présentée, en fonction de son espère et de son sexe. Les chercheurs ont également noté que c'était la tête qui paraissait dégager le plus de phéromones.

"Personne n'avait jamais enregistré les informations dans cette zone (du cerceau) car elle est active uniquement quand les animaux sont éveillés et qu'ils explorent leur environnement", a encore expliqué M. Katz, dont la recherche a été rendu possible par la mise au point de ces microélectrodes qui ne nuisent pas à la vie de l'animal.

Une présentation sur la mémoire des odeurs, ou comment le cerveau peut sauvegarder pendant des années le souvenir d'une odeur familière, est également attendue durant cette conférence annuelle de l'Association américaine pour les progrès de la science (AAAS), qui réunit plus de 10.000 chercheurs dans tous les domaines scientifiques.



ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-14 10:40:12
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