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Mercredi 9 avril 2003

PNEUMONIE
PNEUMONIE

Des cafards à l'origine
de la pneumonie ?

Les insectes auraient propagé le virus en empruntant les canalisations d'un complexe résidentiel. Nouveaux décès dus au SRAS.

 
AP
 
Alors que l'épidémie de pneumopathie atypique s'est étendue à un nouveau quartier densément peuplé de Hong Kong, un haut responsable des services sanitaires a émis l'hypothèse que le virus ait pu être propagé par des cafards.
Le vice-directeur des services de Santé Leung Pak-yin a déclaré à la radio que des cafards ont peut-être propagé le virus en empruntant les canalisations à partir d'un important complexe résidentiel, Amoy Gardens, où plus d'un quart des cas signalés dans la ville ont été enregistrés.
Les médecins pensent que le virus se transmet par des éternuements et par la toux, ou par contact direct, mais s'il était effectivement susceptible d'être propagé par des cafards, il pourrait se révéler plus difficile à combattre.
A Tuen Mun, ville de la banlieue de Hong Kong, des habitants d'au moins 14 complexes résidentiels, ont été contaminés, a indiqué un élu local, suscitant des craintes quant à la poursuite de la propagation du Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS).
Les autorités de Hong kong ont précisé mardi que 45 nouveaux cas d'infection avaient été répertoriés, portant le nombre total de cas à 928. Deux malades de plus ont péri des suites de l'infection, portant le nombre total de décès à 25.

Amendes en cas de non respect des consignes

En Chine, dans la province de Guangdong, où la mystérieuse épidémie serait apparue, les autorités ont annoncé que le taux de nouvelles infections était en baisse et que la maladie était contrôlée.
Huang Qingdao, directeur du ministère de la Santé de la province, a déclaré lors d'une conférence de presse que le taux de nouvelles infections était passé en avril à 7,5 par jour, contre environ 12 par jour en mars.
Mais selon des médecins de Pékin, au moins trois décès dans la capitale chinoise dus au SRAS n'ont pas été officiellement annoncés.
A Singapour, les autorités ont fait appel à l'armée pour combattre la propagation du virus et le gouvernement a annoncé que des webcams (caméras reliées à internet) pourraient servir à surveiller l'observance des mises en quarantaine.
L'île-Etat pensait avoir circonscrit l'épidémie, mais a découvert ces derniers jours de nouveaux cas.
Singapour est le quatrième pays au monde par le nombre d'infections au SRAS. Deux tiers des malades ont recouvré la santé, mais la maladie a tué huit personnes, et plusieurs centaines d'autres ont été placées en quarantaine à leur domicile pour circonscrire le virus.
Le ministre de la Santé Lim Hng Kiang a fait savoir que des webcams pourraient d'ailleurs être placées chez ces malades pour vérifier qu'ils respectent les ordres de quarantaine.
Neuf personnes ont violé ces consignes depuis le 24 mars, bravant des amendes pouvant atteindre jusqu'à 5.000 dollars.

Enrayement de la maladie

Au Vietnam, où la progression de la maladie semblait avoir été enrayée, quatre nouveaux cas de SARS ont été répertoriés depuis le 3 avril, tous dans la province agricole de Ninh Binh, selon l'Organisation mondiale de la santé.
Les quatre décès comme les 66 infections dont les quatre dernières, ont tous pu être reliés au premier patient affecté et soigné à l'hôpital français de Hanoï.
Selon l'OMS, l'absence de contrôle rigoureux dans l'hôpital de la province de Ninh Binh où les nouveaux malades ont été soignés risque d'avoir favorisé la dissémination du syndrome.
En Inde, un premier cas présumé de SRAS signalé lundi chez une Américaine de 23 ans s'est avéré n'être qu'une infection de la gorge, selon son médecin.
Les autorités indiennes ont signalé quelques heures plus tard un autre cas suspect, un informaticien de 48 ans revenant d'un voyage à Singapour. L'homme a été hospitalisé et isolé.
Les autorités indiennes ont pris des mesures de précaution comprenant notamment des vérifications dans les aéroports et le port de masques prophylactiques par les personnels au contact avec des voyageurs.

Un nouveau pays touché?

En Afrique du Sud, un homme d'affaires de 62 ans, récemment revenu d'un voyage en Asie, a été diagnostiqué comme cas "probable" de pneumonie atypique, faisant de lui le premier cas rapporté sur le continent africain, ont indiqué les autorités médicales sud-africaines mercredi.
Cet homme a été hospitalisé à Pretoria et isolé des autres patients.
Le SRAS a tué au moins 103 personnes dans le monde entier et en a infecté environ 2.750, dont près de la moitié en Chine


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-04-09 08:39:07
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Vendredi 14 février 2003

HYPERTENSIONS
Médecine
La réhabilitation des diurétiques

Selon une étude américaine, les diurétiques seraient plus efficaces que les médicaments modernes contre l'hypertension. Une belle économie en perspective.

Anne Jeanblanc

En prouvant que les « bons vieux » diurétiques, qui augmentent l'excrétion urinaire, sont plus efficaces que les médicaments modernes contre l'hypertension, une gigantesque étude conduite aux Etats-Unis et au Canada vient de jeter un pavé dans la mare de l'industrie pharmaceutique. Elle conclut que l'emploi systématique des diurétiques en première intention, donc avant tout autre traitement, permettrait de soigner aussi bien - voire mieux - les patients et de réaliser des économies non négligeables, leur coût étant au moins quatre fois inférieur à ceux de leurs successeurs.

En effet, outre-Atlantique, les diurétiques ne représentent plus que 27 % des médicaments contre l'hypertension, alors qu'ils étaient prescrits à 56 % en 1982. S'ils avaient continué à être utilisés dans les mêmes proportions pendant ces dix années, l'économie aurait été de 3,1 milliards de dollars.

L'étude, baptisée ALLHAT, a été lancée en 1994 dans plus de 600 centres d'investigation. Elle a concerné près de 43 000 patients, chez qui ont été comparés les effets d'un diurétique, d'un inhibiteur calcique, d'un inhibiteur de l'enzyme de conversion (IEC) et d'un alphabloquant. Les résultats ont occupé 32 pages dans le Journal of the American Medical Association, en décembre dernier.

L'essai avec l'alphabloquant a été interrompu début 2000, car les accidents et les cas d'insuffisance cardiaque étaient bien plus fréquents qu'avec le diurétique. En revanche, après cinq ans de suivi, le nombre de décès liés à une maladie coronaire ou à un infarctus était sensiblement identique avec les trois médicaments restants. Et les baisses de la tension artérielle voisines.

Par ailleurs, au bout de six ans de traitement, la proportion de malades souffrant d'insuffisance cardiaque était de 10,2 % chez ceux ayant reçu un inhibiteur calcique, contre 8,7 % chez ceux sous IEC et 7,7 % chez ceux sous diurétiques. Soit un risque relatif augmenté de 38 % chez les premiers par rapport aux derniers. Avec l'IEC, le risque global de problème cardiovasculaire était de 33,3 %, contre 30,9 % avec le diurétique, et celui d'accident vasculaire cérébral de 6,3 %, contre 5,6 %.

A prendre en compte

« Ces résultats nous ont surpris, car on pensait que les IEC étaient supérieurs aux diurétiques, note le professeur Daniel Thomas, président de la Fédération française de cardiologie. Mais il ne faut pas oublier que les diurétiques sont toujours préconisés en première intention (en France, ils ne sont pas commercialisés sous une forme isolée mais associés à un médicament bêtabloquant), même si leur place a été progressivement grignotée par les nouvelles molécules. »

Bien sûr, des voix s'élèvent déjà pour dénoncer la méthodologie de cette étu-de et affirmer la suprématie des nouveaux produits. Même le professeur Thomas admet que le « profil » des patients sélectionnés a pu influencer les résultats : « Il y avait 35 % de personnes d'origine afro-américaine, qui répondent traditionnellement moins bien aux IEC, et l'âge moyen des patients étudiés était de 67 ans, alors que l'on commence en général à traiter les hypertendus dès la cinquantaine. » Néanmoins, affirme le cardiologue, « il faudra tenir compte de ces résultats ».

© le point 14/02/03 - N°1587 - Page 62 - 535 mots


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-14 10:25:29
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