REMBOURSEMENT
M. Mattei n'exclut pas un remboursement des patches anti-nicotine
PARIS, 28 mai (AFP) - Le ministre de la Santé Jean-François Mattei n'"a pas exclu" que les timbres anti-nicotiniques (patches) puisssent être remboursés par la Sécurité sociale, "s'ils s'avèrent efficaces", mercredi lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.
Interrogé par le député UMP de la Sarthe Dominique Le Mener, le ministre a rappelé qu'une expérimentation allait "être menée dans une région-pilote, pour évaluer les substituts nicotiniques dont il n'est pas exclu que nous les remboursions".
Le ministre a par ailleurs souligné qu'une hausse des prix était "le meilleur outil" pour inciter les Français à ne pas fumer. "Nous l'avons fait et nous le referons", a-t-il affirmé.
Il a précisé que cette hausse serait assortie d'"une hausse des droits proportionnels pour toucher aux marges" bénéficiaires des industriels du tabac.
En présentant mardi son "offensive", à l'occasion de la Journée mondiale sans tabac de samedi, le ministre avait indiqué qu'une hausse du prix du tabac de 17 % à 25 % "ne (lui) faisait pas peur".
Il avait rappelé que le tabac tue près de 60.000 personnes par an en France, avec une augmentation régulière chez les femmes.
ericjeanloicbreton |
Ajouter un commentaire | 2003-05-28 12:51:32 PermalienTABAC
Mercredi 21 mai 2003
TABAC L'Organisation mondiale de la santé adopte le premier traité anti-tabac
GENEVE (AFP) - Les 192 Etats membres de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont adopté mercredi la première convention internationale de lutte contre le tabagisme, qui fait près de cinq millions de morts par an.
Il s'agit aussi du premier traité international jamais adopté en matière de santé publique.
Le texte, mis au point en mars après trois ans d'âpres négociations, a été entériné à l'unanimité, par acclamations, par la 56ème assemblée générale annuelle de l'OMS réunie à Genève.
Il est désormais ouvert à la signature et à la ratification par les Etats. Il entrera en vigueur après la 40ème ratification.
"Nous agissons aujourd'hui pour sauver des milliards de vies et protéger la santé des générations à venir", a déclaré le directeur général sortant de l'OMS Gro Harlem Brundtland.
Mais "il reste du travail à faire", a-t-elle souligné: les pays membres doivent ratifier le texte et "s'en servir comme base pour leur propre législation nationale anti-tabac".
L'objectif de cette Convention-cadre de l'OMS est de faire diminuer la mortalité due au tabagisme (4,9 millions de morts par an en 2002) en limitant notamment la publicité sur les produits du tabac.
L'OMS estime que si rien n'est fait pour freiner le tabagisme, en particulier chez les jeunes et dans les pays en développement, le nombre de morts par an pourrait doubler d'ici à 2020.
Les pays signataires s'engagent à faire figurer sur les paquets de cigarettes des mises en garde, à interdire la vente aux mineurs, à combattre la contrebande et à traiter la dépendance à l'égard du tabac. Ils promettent aussi de mieux protéger la population de la fumée du tabac, dans les lieux et transports publics et au travail.
Lors des négociations, l'OMS s'était heurtée à de fortes résistances des cigarettiers, au point qu'elle avait dénoncé les "coups bas" de l'industrie.
Les Etats-Unis, l'Allemagne et le Japon avaient maintenu des réserves sur le texte jusqu'à la dernière minute.
Beaucoup d'Etats des Etats-Unis interdisent le tabac dans les lieux publics ou la vente aux mineurs mais certains des principaux fabricants de cigarettes sont américains.
"On ne peut pas mettre en doute l'engagement résolu des Etats-Unis à contrôler la menace pour la santé publique que constitue le tabagisme", a tenu à souligner le délégué américain à l'assemblée.
Le point le plus âprement discuté a été l'interdiction de la publicité. Plus d'une centaine d'Etats, notamment des pays d'Afrique et d'Asie du sud-est et une vingtaine de pays européens, souhaitaient une interdiction totale mais certains pays y étaient vivement opposés.
La Convention prévoit finalement que "chaque partie, dans le respect de sa constitution, instaure une interdiction totale de toute publicité en faveur du tabac, ainsi que de la promotion et du parrainage". Mais les pays qui, en raison de leur constitution, ne peuvent interdire la publicité pourront se contenter de la restreindre.
La responsabilité des industriels du tabac dans la dégradation de la santé des fumeurs a aussi donné lieu à un compromis. Le traité affirme qu'il s'agit d'un "aspect important de la lutte anti-tabac" mais laisse à chaque pays le soin de "prendre au besoin" des mesures.
Plusieurs fumeurs, aux Etats-Unis ou en France, ont attaqué en justice les fabricants de cigarettes, leur réclamant des millions de dollars ou d'euros.
Les signataires de la convention se disent "inquiets notamment de l'augmentation de la consommation de cigarettes chez les femmes et les jeunes fillee" et reconnaissent que la taxation du tabac est "un moyen efficace et important" de réduire la consommation.
Les cigarettiers avaient brandi la menace de pertes d'emploi massives mais les experts n'y croient pas. Selon un rapport de l'Organisation internationale du travail (OIT), quelque 100 millions de personnes sont employées dans les activités générées par le tabac, dont 90% dans le tiers-monde mais "aucune corrélation n'a été établie entre le déclin de la consommation et la réduction du niveau de l'emploi".
Les 192 Etats membres de l’Organisation mondiale de la Santé ont approuvé aujourd’hui à Genève le premier traité international contre le tabac. Cette convention-cadre vise à réduire la mortalité due au tabagisme à travers le monde. Selon l’OMS, 5 millions de personnes meurent chaque année des conséquences du tabagisme. Un chiffre qui pourrait doubler d’ici 2020 si rien n’est fait pour stopper la consommation de tabac. En recul dans plusieurs pays riches, celle-ci augmente dans les pays en voie de développement, souligne l’OMS, qui estime que dans 20 ans 70% des victimes du tabac pourraient se compter dans ces pays.
La convention signée par la 56ème Assemblée mondiale de la Santé impose des restrictions sur la publicité pour le tabac ainsi que sur toute forme de parrainage et de promotion impliquant la cigarette. L’accord insiste aussi sur les messages devant être délivrés au public. Les mentions ‘’légères’’ seront interdites. Par ailleurs, la lutte contre la contrebande de tabac doit être intensifiée.
Ce traité est le fruit de quatre années de dures négociations au niveau international. La convention entrera en vigueur dès qu’elle aura été ratifiée par 40 pays.
La liste des cancers induits par le tabac ne cesse de s’allonger. Aux cancers des poumons, de la bouche ou de la gorge, le Centre de recherche international sur le cancer (CIRC) a ainsi ajouté l’année dernière les cancers de l’estomac, du foie, du col utérin, du rein ainsi que la leucémie myéloïde. Le CIRC a également classé le tabagisme passif dans la catégorie cancérogène.
(21/05/2003)
Mattéi relance la guerre contre le tabac Le ministre propose, outre une forte hausse des prix, l'interdiction des paquets de moins de 19 cigarettes et l'interdiction de vente aux - de 16 ans.
"Le gouvernement français a déclaré la guerre au tabac", a affirmé mardi à Genève le ministre français de la Santé Jean-François Mattei, qui a préconisé de fortes hausses des prix des cigarettes. Le ministre a rappelé que les cigarettiers avaient en fait amorti les précédentes hausses en réduisant leur marge bénéficiaire. Il a affirmé qu'il allait s'assurer que les prochaines hausses se traduiraient dans les faits. "Tant que je ne les conduirai pas à traduire dans les prix l'augmentation réelle qui est votée, a-t-il dit, je considère que la marge peut être encore réduite". M. Mattei se trouvait à Genève pour participer à l'assemblée générale annuelle de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Celle-ci a adopté mercredi la première convention internationale antitabac, qui vise notamment à limiter la publicité sur les produits du tabac. "C'est une avancée considérable même si cela ne suffit pas", a commenté le ministre.
Une série de mesures
Parmi les mesures que M. Mattei préconise en France, et qu'il a proposé mercredi au Conseil des ministres, figurent, outre la hausse de prix, une interdiction des conditionnements de moins de 19 cigarettes et une interdiction de la vente de tabac aux mineurs de moins de 16 ans. Le ministre a affirmé qu'il était "très favorable" à cette dernière interdiction. "Je ne vois pas pourquoi l'interdiction serait valable pour l'alcool (..) et pas pour la distribution de tabac chez les buralistes", a-t-il fait valoir. La proposition de loi sénatoriale interdisant la vente de tabac aux moins de 16 ans avait été votée au Sénat en première lecture le 11 février mais rejetée le 6 mai par la commission des Affaires sociales de l'assemblée. Pour une majorité de députés de la commission, le texte comportait des sanctions trop lourdes à l'égard des buralistes.
Avec prise d’effet le 26 juillet 2003, tous les New-yorkais se verront garantir le droit à un environnement professionnel sans fumée. Un arrêté de George Pataki, gouverneur de l’état, fait de ce dernier le troisième état « sans tabac » de l’union.
Tous les espaces à usage professionnel sont visés par le nouveau texte, même s’ils sont destinés à un usage considéré comme « récréatif ». Les bureaux donc mais aussi les restaurants, les bars, les salles de bingo, les bowlings et autres boîtes de nuit deviendront alors des lieux non-fumeurs.
Une victoire importante pour les tenants des droits des non-fumeurs. L’état de New York figure en troisième position sur une liste qui comportait déjà la Californie et, région de moindre importance, le Delaware…Quatre états supplémentaires, tous situés sur la côte est des Etats-Unis, devraient les rejoindre très prochainement. Il s’agit du New Jersey voisin, du Connecticut, du Vermont et de l’état de Rhode Island. Avec sa loi Evin à peine respectée, notre bonne vieille France fait pâle figure…
Les enfants n'achèteront plus de tabac Le ministre de la Santé confirme son intention d'interdire la vente aux moins de 16 ans.
FAVEREAU Eric
L'achat de tabac bientôt interdit aux moins de 16 ans. Le ministre de la Santé, Jean-François Mattei, a confirmé hier à l'Assemblée nationale qu'il entendait bien poursuivre la «guerre au tabac». Et surtout que l'interdiction de vente de tabac aux moins de 16 ans n'est pas jetée aux oubliettes : elle sera intégrée dans le projet de loi de politique de santé publique que le Parlement examinera à l'automne.Une déclaration qui remet un peu de cohérence dans le débat après des déclarations contradictoires de parlementaires de la majorité. La Commission des affaires sociales de l'Assemblée avait en effet rejeté la semaine dernière une proposition de loi adoptée pourtant par le Sénat qui visait à interdire la vente de tabac aux moins de 16 ans. Le texte prévoyait alors pour les buralistes une amende de 3 750 euros ou de 7 500 euros et un an de prison en cas de récidive : pour une majorité de députés de la commission, ces sanctions étaient trop lourdes.Hier, le gouvernement a voulu rééquilibrer la balance. D'un côté, il a confirmé qu'il retirait ce texte de l'ordre du jour de l'Assemblée, qui devait l'examiner en séance publique le 15 mai. Mais la disposition sera reprise dans le projet de loi sur la politique de santé publique, présenté en Conseil des ministres le 21 mai, puis discuté au Parlement en octobre. Un délai qui laisse le temps à la concertation. Mais, pour le ministre de la Santé, il n'y a pas d'états d'âme à avoir : «La santé publique et la prévention passent par la "guerre au tabac".» Jean-François Mattei s'est félicité qu'il se soit vendu «10 % de cigarettes en moins en France au cours des trois premiers mois de l'année 2003», comparé au premier trimestre 2002. Une baisse due, à ses yeux, à l'augmentation récente des droits sur le tabac de 17 %. «C'est un vrai succès pour la santé publique. Ce premier pas doit être suivi, très rapidement, d'autres initiatives», a-t-il dit. «Ce sera fait rapidement en dépit des réserves ou des incompréhensions de tel ou tel. C'est une grande cause nationale que nous devons tous ensemble appuyer. Elle est partie intégrante du plan cancer», a souligné le ministre, rappelant que Jac ques Chirac avait placé la lutte contre cette maladie dans les trois priorités de son quinquennat.
Catégorie : Anecdotes/Société Taille : Court, 282 mots
TABAC . Raffarin : "mobilisation de tous pour limiter la consommation de tabac"
PARIS, 09 mai - 19h46 (AFP) - Le Premier ministre a affirmé vendredi à Paris, s'agissant de la consommation de tabac, qu'"on va appliquer la loi Evin dans l'école" et qu'on "va faire en sorte d'avoir vraiment sur ce sujet là une mobilisation de tous pour essayer de (la) limiter".
"Nous avons des approches scientifiques et reconnues, a-t-il expliqué, on ne peut pas mener un plan contre le cancer et ne pas avoir une action contre le tabac, c'est très important aussi d'avoir cette conscience".
"J'ai entendu, a-t-il poursuivi, le message des buralistes (réticents à l'interdiction de la vente de tabac aux moins de 16 ans, ndlr), on va s'occuper des buralistes mais on fait une politique de la santé. Il y a deux professions en ce moment qui ne sont pas contentes de ce que nous faisons, il y a les carrossiers parce qu'il y a moins d'accidents automobiles, on va s'occuper des carrossiers, mais on ne va pas quand même faire des accidents pour les carrossiers, on ne va pas faire une consommation de tabac pour les buralistes".
La proposition sénatoriale visant à interdire la vente de tabac aux moins de 16 ans, votée le 11 février, a provoqué une levée de bouclier chez les buralistes. Cette mesure a été rejetée en commission par les députés qui ont jugé trop lourdes les sanctions. Le ministre de la Santé Jean-François Mattei a précisé le 7 mai que cette interdiction figurerait dans la loi de santé publique au titre du chantier anti-cancer.
Par ailleurs, en ce qui concerne le sida, le Premier ministre a souhaité que l'on "ne relâche pas l'effort d'information et de prévention : je crois que trop de jeunes se pensent à tort protégés, soyons extraordinairement vigilants, ayons conscience que le virus du sida est toujours aussi mortel et faisons en sorte que la mobilisation nationale soit toujours aussi forte".
Avec six mois de retard, la France impose aux fabricants de cigarettes d'indiquer sur leurs paquets l'un des 14 risques recensés par la Commission de Bruxelles. Une décision fondée sur de très alarmantes études
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Fini, les «Nuit gravement...» en lettres minuscules! Bientôt, la face la plus visible des paquets de cigarettes portera en blanc sur fond noir l'une des deux inscriptions: «Fumer tue» ou «Fumer nuit gravement à votre santé et à celle de votre entourage». Cette mention devra occuper au moins 30% de la surface concernée. Sur l'autre côté devra figurer l'un des 14 avertissements précisant les effets nocifs du tabac sur la santé. Avec près de six mois de retard, la France se met ainsi en conformité avec la directive européenne «Byrne», du nom de son rapporteur.
Il était temps. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), 4,6 millions de personnes sont mortes l'année dernière d'une consommation excessive de cigarettes. En France, 60 000 décès par an sont attribués à ce produit. Les risques du tabagisme sont maintenant avérés par de nombreuses études scientifiques. Voici celles que la Commission de Bruxelles a retenues pour étayer ses avertissements.
Cette assertion a été prouvée, pour la première fois, par une étude menée entre 1945 et 1985, grâce à l'armée américaine. Après guerre, celle-ci a fourni un échantillon de 1 515 vrais et faux jumeaux, l'un fumant et l'autre pas. Ils ont été suivis sur une période de quarante ans. Conclusion: qu'il soit mono ou hétérozygote, le fumeur a une longévité deux fois moindre que celle de l'abstinent. Une étude épidémiologique britannique montre que 80% des gens n'ayant jamais fumé atteignent 70 ans. La proportion est de 50% chez ceux qui consomment plus de 25 cigarettes par jour. A 85 ans, un tiers des non-fumeurs sont toujours vivants, contre 8% des fumeurs.
Fumer provoque le cancer mortel du poumon
L'étude la plus ancienne a été effectuée en 1943 dans l'Allemagne nazie. L'autopsie de dizaines de personnes, fumeurs et non-fumeurs, a permis d'établir un lien certain entre le tabagisme et l'augmentation des risques du cancer du poumon. En 1950, le médecin anglais Richard Dole quantifie ce lien de cause à effet: le tabac multiplie par 10 les risques de cancer du poumon.
Fumer bouche les artères et provoque des crises cardiaques et des attaques cérébrales
L'enquête sur les jumeaux américains a révélé que la moitié des décès des fumeurs est d'origine cardio-vasculaire. Véhiculée par le sang, la nicotine se dépose sur les artères coronaires. Des caillots se forment, provoquant un phénomène de thrombose: «La victime classique, c'est l'homme de 50 ans qui disparaît en quinze minutes d'un infarctus du myocarde», assure Gérard Dubois, professeur de santé publique et président du Comité national contre le tabagisme.
Fumer pendant la grossesse nuit à la santé de votre enfant
Le risque de grossesse extra-utérine augmente de 30 à 150% chez les fumeuses. La cigarette est également cause d'avortements spontanés. Les grosses consommatrices ont par ailleurs plus de mal à concevoir un bébé après avoir cessé de prendre un moyen contraceptif. A la naissance, les enfants pèsent, en moyenne, 200 grammes de moins que le poids normal attendu.
Protégez les enfants: ne leur faites pas respirer votre fumée
En France, selon un rapport de l'Académie de médecine publié en 1999, le tabagisme passif a provoqué annuellement 2 500 décès par maladie cardio-vasculaire, 100 cancers du poumon chez les adultes et 100 chez des enfants. Le risque d'asthme pour l'enfant est multiplié par 1,5 quand les deux parents fument. Lorsque la mère est seule consommatrice, les risques d'otite récidivante sont multipliés par 2. La probabilité d'apparition d'une bronchite s'accroît de 70%. Selon le ministère de la Santé américain, chaque année, 225 000 enfants atteints de cette maladie la doivent au tabagisme de leur entourage.
Arrêter de fumer réduit les risques de maladies cardiaques et pulmonaires mortelles
Le tabac accélère le vieillissement de l'organisme. A 70 ans, un fumeur invétéré a en réalité un corps de 79 ans. Plus il arrête tôt le tabac, plus vite il retrouve sa courbe normale de vieillissement et moins il a de risques de développer un cancer du poumon. Selon une étude britannique, 16% des fumeurs qui ont atteint les 75 ans risquent de développer un cancer. Cette éventualité ne concerne que 6% de ceux qui ont arrêté de fumer à 50 ans, 2% de ceux qui ont arrêté à 30 ans et 1% de ceux qui n'ont jamais commencé. Une étude sur l'incidence de l'infarctus du myocarde chez les hommes de 40 à 50 ans, publiée en 1996 dans l'American Journal of Cardiology, conclut elle aussi à une diminution du risque d'autant plus importante qu'on a cessé très tôt de consommer.
Fumer crée une forte dépendance, ne commencez pas
Une enquête effectuée sur 332 adolescents français ayant commencé à fumer montre que, dès le premier mois, 10% des garçons et 20% des filles ne peuvent déjà plus se passer de cigarettes. Dans l'Hexagone, l'âge moyen d'initiation au tabagisme est de 15 ans. Il faut environ deux ans pour passer de la première cigarette à une consommation journalière. 80% des fumeurs échouent dans leur première tentative d'arrêt.
Fumer peut diminuer l'afflux sanguin et provoque l'impuissance
Le groupe de recherche en santé publique de l'université de Californie a compilé vingt ans de travaux scientifiques sur les liens entre tabac et impuissance. Les chercheurs ont identifié 19 études relatant les habitudes tabagiques de 3 819 hommes impuissants. Les six enquêtes rassemblant le plus grand nombre de personnes arrivent toutes à la même conclusion: on rencontre plus d'impuissants parmi les fumeurs. Le tabac agit à la fois sur le système nerveux central et sur le cœur et les vaisseaux qui pompent le sang dans les corps caverneux impliqués dans l'érection. Une étude publiée en 1994 démontre que les fumeurs ont deux fois plus de risques de connaître une panne sexuelle que les non-fumeurs.
Fumer provoque un vieillissement de la peau
Le tabac contracte les vaisseaux sanguins. L'apport du sang est diminué, la peau est moins bien nourrie. Elle se flétrit plus vite et devient fragile. Les rides et ridules du pourtour de la bouche et du contour de l'œil apparaissent plus rapidement chez les fumeuses. Le tabac favorise également la production de radicaux libres, ce qui altère les fibres de collagène et d'élastine. La nicotine diminue par ailleurs la vitesse de cicatrisation de la peau.
Faites-vous aider pour arrêter de fumer
Le numéro de téléphone de Tabac Info Service (0-825-309-310) figurera bientôt sur les paquets. Aux Pays-Bas, où cette mesure existe depuis janvier 2002, les appels au centre antitabac sont passés de 200 à 1 000 par jour. Selon le Comité national contre le tabagisme, les aides pharmaceutiques (médicaments, patch) doublent les chances de succès.
Les fabricants de cigarettes ont jusqu'au 1er octobre pour se conformer aux exigences de l'arrêté de mars 2003. Mais, dès juillet prochain, les premiers exemplaires des paquets new-look devraient être dans les rayons des buralistes. A plus long terme, les emballages, en plus des avertissements, comporteront une illustration édifiante. Comme cela se pratique déjà au Canada.
PHILIP MORRIS TABAC Il doit verser 2 milliards de dollars pour faire appel Des Etats américains soutiennent Philip Morris
F.-X. B. [09 avril 2003] Philip Morris a trouvé des appuis. Le fabricant américain de cigarettes a reçu hier le soutien des ministres de la Justice de 37 Etats fédérés qui ont officiellement demandé à la justice de l'Illinois de ne pas exiger de Philip Morris le versement d'une caution de 12 milliards de dollars pour pouvoir faire appel d'une condamnation.
Le 21 mars dernier, un juge de l'Illinois avait condamné Philip Morris à payer dix milliards de dollars de dommage et intérêts et deux milliards de frais de justice pour avoir prétendu que les cigarettes «light» étaient moins nocives que les cigarettes classiques, trompant «sciemment» les consommateurs. Pour faire appel de cette décision, Philip Morris doit s'acquitter d'une caution de 12 milliards de dollars (l'équivalent de la condamnation).
Rompu aux combats judiciaires, Philip Morris avait alors affirmé que cette somme était «impossible à verser» et «de nature à causer une faillite». Une hypothèse renforcée la semaine dernière par l'agence de notation Standard & Poor's qui évoquait cette possibilité dans une note sur le groupe. Les autres agences de notation de crédit ont toutes placé la dette du groupe sous surveillance, après la décision prise dans l'Illinois.
De son côté Philip Morris a demandé une réduction du niveau de la caution à 1,2 milliard de dollars, ou tout au plus 1,5 milliard de dollars. Le groupe a également engagé une procédure pour empêcher la collecte par l'Etat des 3 milliards de dollars de dommages punitifs.
La démarche des 37 Etats qui ont volé au secours de Philip Morris n'est pas tout à fait désintéressée. Selon un accord passé avec le cigarettier («Master Settlement Agreement», ou MSA), celui-ci doit verser aux Etats signataires d'importantes sommes d'argent pour les dédommager des frais occasionnés par les maladies du tabac. Si Philip Morris est mis en faillite, ces Etats devront renoncer à cette manne financière. Le 15 avril prochain, ils doivent recevoir un total de 2,6 milliards de dollars de la part du cigarettier. Une somme «déjà intégrée aux budgets (comme recette), principalement pour les programmes d'assurance maladie», selon les 37 ministres. Ces derniers estiment que les «intérêts vitaux» de leurs Etats sont menacés si Philip Morris ne peut pas verser cette somme. Merrill Lynch estime ainsi que la Californie doit toucher 331 millions de dollars et l'Etat de Washington 60 millions de dollars.
«Philip Morris aimerait que l'attention soit portée sur ses problèmes financiers plutôt que sur le jugement qui estime qu'un million de consommateurs de cigarettes légères ont été trompés, et nombre d'entre eux vont le payer de leur vie», dénonce pour sa part Stephen Tillery, l'un des avocats des plaignants dans cette affaire.
De fait, la menace de faillite de Philip Morris a fait vaciller en Bourse sa maison mère Altria et son autre filiale Kraft Foods.
Ces deux entités ont dû emprunter en urgence 1,5 milliard de dollars et 1 milliard de dollars. Philip Morris a alors précisé qu'un dépôt de bilan était une «option théorique».
PARIS (AFP) - Jacques Chirac, qui présentera lundi les grandes orientations du plan anti-cancer, devrait engager la "guerre" contre le tabac, dans le cadre d'une politique mettant l'accent sur la prévention, la coordination de la recherche et l'humanisation des soins.
Dans l'entourage du président de la République, on souligne l'importance de ce combat contre le cancer, dont il a fait un des grands chantiers de son quinquennat avec la sécurité routière et l'insertion des handicapés.
En France, près de 150.000 personnes par an meurent du cancer et, directement ou indirectement, tout le monde peut être concerné.
A l'Elysée, on estime qu'il est temps d'affirmer une volonté politique pour changer de regard sur cette maladie, qui pose à la fois une question de santé et de société.
Le plan anti-cancer, qui sera mis en oeuvre sur cinq ans, a été élaboré à partir des travaux de la commission présidée par le directeur général de la santé Lucien Abenhaïm. Celui-ci a remis son rapport en janvier aux ministres de la Santé Jean-François Mattei et de la Recherche Claudie Haigneré. Ce rapport énonçant 11 propositions a été enrichi de nombreuses contributions de la part des acteurs de terrain.
Lundi à l'Elysée, devant quelque 5 à 600 invités, médecins, responsables de centres anti-cancer, associations, Jacques Chirac livrera la philosophie du plan et ses grandes orientations. C'est à Jean-François Mattei qu'il reviendra de détailler, tout au long de la semaine nationale de lutte contre le cancer, les 70 mesures concrètes.
Le dispositif préconise l'amélioration de la prévention en ce qui concerne la nutrition, la consommation d'alcool, les maladies professionnelles. Mais le chef de l'Etat devrait centrer son propos sur les méfaits du tabac qui, souligne-t-on à l'Elysée, représente un danger de santé publique considérable.
Répondant aux préoccupations de la commission Abenhaïm, il devrait selon son entourage déclarer la "guerre au tabac" : stricte application de la loi Evin, harmonisation européenne, hausse du prix des cigarettes, promotion des substituts nicotiniques, campagne d'information notamment à destination des jeunes.
Autre axe du plan, la systématisation du dépistage, notamment pour le cancer du sein, de l'utérus et du colon. Le plan prévoit également d'engager sur cinq ans un programme de rattrapage en matière d'imagerie médicale. Il entend renforcer l'égalité d'accès aux soins de qualité.
En matière de soins, Jacques Chirac insistera sur la nécessaire humanisation du système. Il devrait proposer la mise en place d'une véritable consultation d'annonce du diagnostic, afin d'offrir aux patients un accompagnement psychologique et personnalisé au moment où ils apprennent leur maladie.
Il défendra la prise en charge en réseau des malades et des programmes personnalisés de traitement.
En ce qui concerne la recherche, Jacques Chirac plaidera pour une meilleure coordination. La commission Abenhaïm suggérait la création en région de "cancéropôles", "ensembles cohérents de recherche" de dimension européenne.
Jacques Chirac reprendra une autre proposition, la création d'un Institut national du cancer. Structure d'impulsion et de pilotage stratégique du secteur, cet institut sera chargé notamment de coordonner la recherche, de veiller à la qualité des soins et d'évaluer les pratiques.
Une instance de suivi et de coordination sera installée pour une durée temporaire avec pour mission de veiller à la mise en oeuvre du plan.
PARIS, 12 mars (AFP) - Des chercheurs ont identifié un groupe de gènes qui pourraient favoriser la survenue d'une maladie pulmonaire, l'emphysème, répandue dans le monde et cause de morts prématurées essentiellement parmi les fumeurs, selon la revue scientifique britannique Nature.
David Morris, de l'université de Californie à San Francisco, et ses collègues ont décrypté les voies d'activation d'un gène "Mmp12", impliqué dans l'emphysème. Ce gène est à l'origine de la production d'élastine, une substance qui permet de maintenir l'élasticité des parois des poumons nécessaire aux mouvements de la respiration.
Parmi les gènes entrant en jeu dans l'activation du Mmp12, ils ont notamment mis en évidence le rôle d'un gène (Itgb6) contrôlant un facteur de croissance, le TGF-beta.
Les auteurs, qui ont travaillé sur des souris génétiquement modifiées, ont tout lieu de penser que les mêmes gènes existent chez les humains.
Ces travaux pourraient ouvrir de nouvelles pistes pour diagnostiquer les personnes à risque et développer des médicaments, pour traiter ou prévenir, l'emphysème, estime Anita Roberts de l'Institut national du cancer américain (Bethesda, Maryland).
"L'emphysème est une maladie pulmonaire qui deviendra l'une des cinq causes principales de mortalité et d'handicap dans le monde d'ici 2020", selon elle.
"Fumer des cigarettes est le plus important facteur de risque dans cette maladie", mais "seuls 15 à 20 % des fumeurs développent un emphysème", d'où l'idée de rechercher d'autres causes favorisantes, notamment génétiques, relève Mme Roberts.
Les souris artificiellement privées d'une version d'intégrines, des protéines présentes à la surface des cellules, développent un emphysème avec l'âge. Mais les chercheurs ont complètement corrigé cette propension à la maladie en modifiant l'expression de différents gènes, notamment en dopant l'activation du facteur de croissance TGF-beta.
La maladie est caractérisée par l'atteinte de petits sacs, appelés alvéoles, où s'effectuent les échanges gazeux des poumons : absorption de l'oxygène pour enrichir le sang et expiration du gaz carbonique.
Certaines formes d'emphysèmes sont la conséquence de maladies comme la tuberculose ou la silicose ou encore, plus rarement, d'un déficit d'enzyme, l'alpha-1 antitrypsine, avec dans ce cas une apparition plus précoce de la maladie pulmonaire.
L'emphysème pulmonaire se traduit par une gêne respiratoire de plus en plus importante qui peut évoluer vers l'insuffisance respiratoire puis cardiaque, et peut s'aggraver avec la pollution.
Succédant à la bronchite chronique, la maladie se manifeste après 50 ans chez les fumeurs.
Les enfants exposés à la fumée secondaire ont plus de caries que les autres.
États-Unis
12/03/2003 - Les parents dont les tout-petits souffrent de caries dentaires devraient non seulement surveiller les habitudes de leurs enfants, mais aussi s'interroger sur les leurs. Des chercheurs de l'Université de Rochester, aux Etats-Unis, ont découvert un fait étonnant : les jeunes habitant avec des parents fumeurs ont plus de caries que ceux vivant dans un environnement sans fumée. Les résultats de cette étude menée auprès de 3500 enfants de 4 à 11 ans sont publiés dans le Journal of the American Medical Association du 12 mars 2003.
Pour évaluer l'exposition des enfants à la fumée secondaire, les chercheurs ont mesuré la présence de cotinine dans leur sang, un sous-produit de la dégradation de la nicotine. Ils ont ensuite compté le nombre de dents cariées ou plombées dans la bouche des enfants. Résultat : les jeunes présentant un taux élevé de cotinine ont en général plus de caries. Dans leurs calculs, les scientifiques ont pris soin d'éliminer l'influence de variables tels que le revenu familial ou la fréquence des visites chez le dentiste.
Les chercheurs croient que la nicotine favorise la croissance des bactéries responsables de la formation des caries. Elle diminuerait aussi les niveaux de vitamine C dans le sang des enfants, un facteur de protection contre la carie. Autre hypothèse, l'inhalation de fumée nuit peut-être à la formation des dents. Mince consolation : le lien entre tabac et problèmes dentaires ne se vérifie qu'avec la dentition primaire.
Les dangers du tabac devront être mieux explicités sur les paquets de cigarettes
PARIS, 9 mars (AFP) - Un arrêté du 5 mars concernant les modalités d'inscription, sur les paquets de cigarettes, des teneurs en goudron, nicotine et monoxyde de carbone, ainsi que celles des avertissements de caractère sanitaire, a été publié dimanche au Journal Officiel.
A propos des risques sanitaires, les conditionnements devont comporter sur leur surface la plus visible, l'une des deux mentions suivantes: "Fumer tue" ou "Fumer nuit gravement à votre santé et à celle de votre entourage". Cet avertissement général devra couvrir "au moins 30% de la surperficie externe" du paquet.
L'autre face du paquet comportera un "avertissement spécifique" qui devra couvrir "au moins 40% de la partie externe" du conditionnement, et qui sera repris d'une liste figurant en annexe: "Les fumeurs meurent prématurément", "Fumer peut entraîner une mort lente et douloureuse", "Faites-vous aider pour arrêter de fumer, téléphonez au 0825 309 310 (0,15 euros/minute)", "Fumer peut diminuer l'afflux sanguin et provoque l'impuissance", "Fumer provoque un vieillissement de la peau", "Fumer peut nuire aux spermatozoïdes et réduit la fertilité" etc...
"Les produits du tabac non conformes aux dispositions du présent arrêté peuvent encore être commercialisés jusqu'au 30 septembre 2003 pour les cigarettes et jusqu'au 30 septembre 2004 pour les autres produits du tabac", précise le texte
L'arrêté du ministère de la Santé, pris au vu de la directive européenne du 5 juin 2001 relative au rapprochement des réglementations entre les Etats Membres, indique que les teneurs en goudron, nicotine et monoxyde de carbone devront, à compter du 1er janvier 2004, être inscrits "en caractères gras Helvetica noir sur fond blanc", imprimés horizontalement, et entourés d'"un bord noir d'une épaisseur minimale de 3 mm".
Un accord historique contre le tabac Plus de 170 pays sont parvenus à un traité imposant des restrictions sur la publicité, l'étiquetage, la contrebande et le tabagisme passif.
Les négociateurs de plus de 170 pays sont parvenus samedi à un accord sur un traité historique qui imposerait des restrictions sans précédent sur la publicité pour le tabac, l'étiquetage, la lutte contre la contrebande et le tabagisme passif. Les Etats-Unis ont cependant immédiatement soulevé des objections sérieuses à certaines des dispositions, bien plus restrictives que prévues. L'Allemagne a déclaré qu'elle trouvait inacceptable les dispositions concernant la publicité. La Chine a évoqué des problèmes de procédure et le Japon a douté de pouvoir faire accepter l'accord à ses citoyens. Aucun pays ne s'est pour autant opposé à ce que le traité soit transmis dans cette forme aux ministres pour l'assemblée annuelle de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) en mai. Cependant, les désaccords constatés laissent craindre que certaines parties du texte soient renégociées lors de la rencontre, ce qui pourrait compromettre le texte dans son entier. "Nous espérions que (les négociations) s'achèvent sur un consensus", a déclaré le représentant américain David Hohman. "Malheureusement ce n'est pas possible".
Une atmosphère euphorique
En dépit de ces problèmes, une atmosphère euphorique régnait à Genève alors que les négociations s'achevaient. "Nous sommes parvenus collectivement à un accord historique dont nous devrions être fiers", a affirmé le Brésilien Luis Felipe de Seixas Correa qui présidait les discussions. L'OMS espère que le traité, baptisé Convention cadre sur le contrôle du tabac, freinera le nombre de décès liés au tabac, qui devrait s'élever selon ses estimations à 10 millions par an d'ici 25 ans, contre 4,9 millions actuellement. Il entrerait en vigueur une fois signé par 40 pays. Concernant la publicité, le texte stipule que chaque pays "devrait en accord avec ses principes constitutionnels ou sa Constitution mettre en place l'interdiction complète de toute publicité ou promotion pour le tabac". Washington a affirmé qu'une interdiction totale violerait la liberté d'expression. M. Hohman a également expliqué qu'il pensait qu'il serait difficile d'imposer aux fabricants américains de mettre un avertissement sur 30% de la surface du paquet. Les Etats-Unis ont cherché en vain à inclure une disposition qui permettrait à chaque pays d'approuver le traité tout en pouvant ne pas appliquer certaines clauses. (AP)
Monsieur le Président, Monsieur le Rapporteur, Mesdames et Messieurs les Sénateurs,
Je ne peux que saluer l'initiative de M. Bernard JOLY qui vise à restreindre la consommation de tabac chez les jeunes, et je lui apporte un soutien sans équivoque.
Je souhaite également remercier M. le rapporteur, Dominique LARIFLA, et les membres de la commission des affaires sociales de la rapidité et de la qualité de leurs travaux.
Cette proposition vient en effet juste au moment où le Gouvernement s'apprête à déclarer la guerre au tabac. La Haute Assemblée ouvre le feu. Nous déclencherons l'offensive générale.
I - Alors pourquoi une guerre ?
Parce que nous avons affaire, et de loin, au plus grand tueur qui existe. Celui qui coûte le plus cher à la société, non seulement en vies humaines, en souffrances mais aussi en dépense de santé.
Bernard JOLY l'a rappelé, première cause de mortalité évitable en France le tabac tue chaque année dans notre pays 60.000 personnes, huit fois plus que la violence routière. Il nous coûte aussi 15 milliards d'euros par an soit 1,1 % du PIB.
Enfin, si ces arguments n'étaient pas suffisants on pourrait ajouter que l'efficacité des programmes anti-tabac n'est plus à démontrer.
En arrivant au Gouvernement je me suis engagé à faire de la prévention un axe fort de la politique de santé en France. La prévention a été et demeure une des faiblesses du système sanitaire français. Pratiquement pas enseignée dans nos facultés médicales, peu valorisée dans sa pratique, souvent très dissociée du système de soins dans sa structuration, elle est le parent pauvre de la santé. Nous en payons aujourd’hui le prix.
Je suis convaincu que la prévention est un élément clef pour améliorer la santé des français, pour les faire vivre mieux et plus longtemps.
Le cancer en est l’exemple le plus frappant. Un quart des décès par cancer soit plus de 30.000 par an est attribué au tabac. Quand la prévention du tabac est efficace, les décès par cancer du poumon chutent.
Sous l’impulsion du Président de la République, nous avons aujourd’hui l’opportunité de franchir un pas important dans la lutte contre le tabac. Je ne la manquerai pas !
II - Certes nous ne partons pas de rien.
Je veux rendre hommage au caractère extrêmement novateur de la loi 9 juillet 1976, proposée sous l’impulsion du Pr Maurice Tubiana, à l’époque président de la commission Cancer réunie par Simone Veil. Cette loi a permis une première prise de conscience et a freiner la progression du tabagisme chez les hommes.
La loi Evin du 10 janvier 1991 a représenté une étape historique dans la lutte contre le tabagisme dans notre pays et elle a été suivie par une diminution de 14,5 % des ventes de cigarettes entre 1992 et 1997.
Malheureusement, il existe des signes montrant que la lutte anti-tabac perd en vigueur et en efficacité.
La proportion des femmes fumeuses augmente. Le tabac a donné un coup d’arrêt à la progression de l’espérance de vie chez les femmes.
La consommation de tabac chez les jeunes reste à un niveau très élevé, un des plus élevé d’Europe. La moitié des jeunes fument. La dépendance au tabac étant forte, la plupart d'entre eux continueront à fumer régulièrement. La nocivité du tabac est surtout liée à la durée d'exposition. Ce qui veut dire que parmi les jeunes ayant commencé à fumer à l'adolescence, la moitié décèdera du tabac et parmi eux un quart décédera avant 65 ans soit une vie raccourcie de 20 ans !
III - Il est donc de notre responsabilité de relancer la lutte contre le tabac, d'en faire une cible prioritaire pour les années qui viennent et notamment chez les jeunes.
Nous avons déjà commencé et les dispositions de la proposition de loi sont autant de mesures qui vont dans le bon sens!
Interdiction de vente aux moins de 16 ans, sanction des débitants de tabac, éducation à la santé : nous sommes favorables à de telles dispositions.
Avec la loi de FSS, nous venons d'augmenter de façon importante le prix du tabac. Il s'agit d'une mesure efficace sur la baisse de la consommation. Pour la première fois depuis 4 ans, les ventes de tabac ont diminué. Mais il faut veiller à ce que les fabricants de tabac ne puissent contrarier l'augmentation du prix en proposant aux jeunes des paquets de 10 à 15 cigarettes moins chers et donc plus attractifs. Il faut veiller à ce que cette augmentation se répercute à tous les produits du tabac y compris les moins chers.
Je viens de signer l'arrêt obligeant les fabricants à inscrire sur les paquets des cigarettes un message clair et sans ambiguïté " fumer tue ".
L'interdiction de la vente aux mineurs de moins de 16 ans est une mesure cohérente avec l'interdiction de vente d'alcool à ces mêmes mineurs dans les débits de boisson ; avec notre désir de protéger la jeunesse d’une drogue mortelle.
Cohérente et hautement symbolique. J'y suis personnellement très favorable.
Je sais cependant, d’après les expériences d’autres pays, qu'il ne s'agit pas d'une mesure miracle, qu'elle doit trouver son sens au sein d'un programme large, axé sur la population générale et non les mineurs uniquement, comprenant des actions d'information mais aussi de réglementation et d'aide à l'arrêt du tabac. L’industrie du tabac, qui la propose toujours isolément ne s’y trompe pas !
L’objectif de notre programme est double : prévenir la consommation de tabac chez les non fumeur et mais aussi aider les fumeurs à s’arrêter, sans pour autant minimiser la difficulté du sevrage. Le tabac est une drogue. Cette assimilation à une drogue a participé à la prise de conscience des dangers du tabac. Mais s’arrêter de fumer c’est possible et ce n’est jamais trop tard !
IV – Sans révéler la teneur du plan cancer, je souhaite vous en communiquer déjà les grandes orientations relatives au tabac.
1 - Vis à vis des jeunes, différentes interventions en milieu scolaire seront mises en place dans le cadre d'un programme "Ecole sans tabac" élaboré conjointement par les Ministères de l'Education Nationale et de la Santé.
Ce programme comprendra des actions d'information sur les méfaits du tabac, information que vous proposez, Monsieur le rapporteur, et elles seront accompagnées de mesures indispensables d'interdiction, d'accompagnement et de prise en charge.
2 - Encore une fois une prévention qui se limite aux jeunes n'est pas efficace. Il faut agir sur l'ensemble de la population. Le tabagisme des adolescent est significativement associé à celui de ses parents, à celui de son environnement social proche…
Je compte privilégier 4 axes :
1 - Rendre de plus en plus difficile l'accès au tabac par une politique permanente d’augmentation des taxes.
2 - Renforcer la législation de la lutte contre le tabac et se doter des moyens permettant d’obtenir l'application effective de l'interdiction de fumer dans les lieux collectifs et la sanction des contrevenants. Près de ¾ des français se déclarent d’ailleurs favorable à un renforcement de la réglementation relative à la protection des non-fumeurs.
3 - Mieux informer sur les risques du tabagisme actif et passif en augmentant les campagnes d'information. Contrairement à ce que l’on pense les risques liés au tabac sont encore sous évalué. En particulier la moitié des personnes pense encore qu’il existe un seuil (évalué à environ 9 cigarette par jour) au dessous duquel on ne risque rien. La mise en évidence des danger du tabagisme passif est entrain de modifier cette perception.
4 - Enfin, aider les fumeurs à s'arrêter de fumer par tous les moyens possibles !
En améliorant la ligne téléphonique d'écoute (Tabac Info services) dont le numéro sera présent sur tous les paquets de cigarettes, par des documents d'information, par la formation et l’implication des professionnels de santé : médecins et infirmières ainsi que des responsables de collectivités.
L’implication des médecins généralistes est essentielle. Une étude a montrer que le simple fait que le médecin demande à son patient : " est-ce que vous fumez " puis " voulez vous arrêtez de fumez " et qu’il donne une brochure de conseil pour le sevrage, permettait de doubler les chances de l’arrêt à long terme. En France cela se traduirait par 200 000 fumeurs en moins chaque année. Enfin, j’améliorerai l'accès au substitut nicotiniques (qui multiplie par 1,5 à 2 les chances du sevrage) et j’augmenterai le nombre de consultations anti-tabac pour que celles-ci soit accessible dans chaque département.
Ces différentes actions permettront de modifier l’image sociale du tabac encore trop banalisée en France.
Au nom du Gouvernement, je remercie de nouveau la Haute Assemblée de contribuer ainsi à lutter contre le tabagisme. C’est un combat dans lequel je m’engage personnellement en étant sur de pouvoir ainsi améliorer durablement la santé des français.
Le Sénat a voté mardi l'interdiction de la vente de tabac aux moins de 16 ans en adoptant, en première lecture, une proposition de loi qui vise à restreindre la consommation de tabac chez les jeunes.
La proposition de loi, qui a été adoptée -la droite UMP-UC votant pour alors que le PS et le PCF se sont abstenus- a obtenu un "avis très favorable" de la part du ministre de la Santé Jean-François Mattei.
Le vote du Sénat n'est pas définitif. Le texte doit à présent être soumis à l'Assemblée nationale pour une première lecture avant de faire l'objet d'une seconde lecture dans les deux Assemblées.
Le texte prévoit l'interdiction "de vendre ou d'offrir gratuitement dans les débits de tabac et tous commerces ou lieux publics, des produits du tabac à des mineurs de moins de 16 ans".
L'infraction est punie de 3.750 euros d'amende. En cas de récidive, la sanction sera d'un an de prison et 7.500 euros d'amende.
Si la récidive est le fait d'un débitant de tabac (et non pas d'un tenancier de boîte de nuit) cette peine s'accompagne de la résiliation de son traité de gérance.
Mais s'il peut prouver qu'il a été induit en erreur sur l'âge du mineur, aucune peine ne lui sera appliquée.
Le texte prévoit également une sensibilisation au risque tabagique, sous forme obligatoire, dans les classes de l'enseignement primaire et secondaire.
"Les dispositions de la proposition de loi, hautement symbolique, vont dans le bon sens" a souligné le ministre en ajoutant: "Nous sommes favorables à l'interdiction de vente aux moins de 16 ans et à la sanction des débitants de tabac".
"L'interdiction de la vente aux mineurs de moins de 16 ans est une mesure cohérente avec l'interdiction de vente d'alcool à ces mêmes mineurs dans les débits de boisson" a déclaré M. Mattei. "Notre désir est de protéger la jeunesse d'une drogue mortelle", a-t-il affirmé.
Le ministre a toutefois estimé "que d'après les expériences d'autres pays il ne s'agit pas d'une mesure miracle".
"La consommation de tabac par les jeunes Français est au-dessus de la moyenne de leurs homologues européens" a affirmé le rapporteur de la Commission des Affaires sociales Dominique Larifla (RDSE, Guadeloupe).
Bernard Joly (RDSE, Haute-Saône), l'auteur de la proposition de loi, a déclaré "qu'il faut rendre la consommation de tabac inacceptable socialement". "L'interdiction de vente aux mineurs est une mesure de protection et de responsabilité", a-t-il dit.
"Le combat ne doit pas se limiter à l'interdiction de vente aux mineurs car c'est dans la tête des adolescents que tout se joue" a déclaré Valéry Létard (centriste, Nord) alors que Nelly Olin (UMP, Val-d'Oise) a lancé: "Nous devons dire non à la première cigarette".
Les intervenants de la gauche ont fait part de leurs réserves. Gilbert Chabroux (PS, Rhône) s'est déclaré partisan d'une "mesure d'ensemble" et Roland Muzeau (PCF, Hauts-de-Seine) a jugé qu'il s'agissait "d'un coup politique sans lendemain".
ÉPIDÉMIOLOGIE La lutte contre la cigarette outre-Manche a été suivie d'une baisse spectaculaire de la mortalité prématurée
(Photo Le Figaro)
Cancer du poumon : l'exemple anglais confirme les bienfaits de l'arrêt du tabac
La mortalité masculine par cancer du poumon décroît de façon ininterrompue depuis plus de vingt ans au Royaume-Uni. En France, elle suit l'évolution inverse. Les données britanniques les plus récentes démontrent pourtant que le fait d'arrêter de fumer à tout âge diminue le risque : 15% de risque d'avoir un cancer du poumon pour un fumeur, 6% s'il arrête à 50 ans et 2% s'il stoppe à 30 ans. Ces travaux ont été présentés dans le cadre d'une conférence organisée par la Ligue nationale contre le cancer lors du 14
e congrès sur les traitements anticancéreux qui se tient cette semaine au Palais des congrès à Paris.
Martine Perez
[06 février 2003]
«Si Jacques Chirac ne fait rien contre le tabac dans le plan cancer qu'il prépare, alors il n'y aura pas de politique de prévention contre le cancer», a déclaré sir Richard Peto, professeur en épidémiologie à Oxford, en Angleterre, spécialiste mondial des relations entre tabagisme et santé. Cet expert éminent sait de quoi il parle. Dans le cadre de ses travaux sur le tabagisme dans le monde, il a notamment comparé la mortalité par cancer lié au tabac de part et d'autre de la Manche et a montré à cette occasion que le tabac pèse massivement dans la mortalité prématurée en France puisqu'il est à lui tout seul responsable de la moitié des décès prématurés (entre 35 et 69 ans) par cancer. Il surveille par ailleurs année par année, avec Richard Doll, l'évolution de la consommation de tabac outre-Manche et celle de la mortalité prématurée liée au tabac et en extrait des données utilisées désormais partout dans le monde.
Que se passe-t-il au Royaume-Uni ? Après une augmentation massive, la mortalité par cancers liés au tabac a atteint son apogée dans les années 60 avec un taux de pratiquement 250 décès pour 100 000 hommes âgés de 35 à 69 ans. Les chiffres ont ensuite nettement baissé pour atteindre aujourd'hui un peu plus de 100 décès liés au tabac pour 100 000 hommes de la même tranche d'âge. Pour les femmes, l'entrée dans le tabagisme a été plus tardive, avec apparition des cancers dus au tabac plus tard et amorce récente d'une petite décroissance du nombre de cas. Actuellement, en Grande-Bretagne, 28% des hommes et 26% des femmes fument. Richard Peto tire trois principaux messages de tous ces chiffres et statistiques : la moitié des fumeurs seront tués (cancers et maladies cardio-vasculaires) par le tabac, un quart d'entre eux avant 70 ans ; le fait d'arrêter de fumer réduit les risques, à tout âge. Il ne s'agit pas de prôner la vie éternelle, mais d'éviter par l'arrêt du tabac la mortalité précoce.
Comment les Britanniques s'y sont-ils pris pour réduire le tabagisme et la mortalité qui y est liée ? «On ne sait pas très bien, répond Richard Peto. La plus grande étude sur le tabagisme et la santé a été menée pendant plus de quarante ans, sur 36 000 médecins britanniques. Quand les résultats de l'étude les concernant ont mis en évidence pour eux une surmortalité massive due au tabac, ils ont été considérablement sensibilisés et ont sensibilisé leurs patients. Le rôle des journalistes aussi a été important...». A peine 6% des médecins anglais fument contre plus de 30% des médecins français.
La comparaison des chiffres entre la France et le Royaume-Uni illustre notre inaptitude à faire face au fléau sanitaire représenté par le tabac. Nous devançons désormais les Britanniques, tant en termes de pourcentage de fumeurs que de morts liés au tabac. Que se passe-t-il en France ? Les chiffres de consommation montre que les Français, en 1925, fumaient en moyenne une cigarette par adulte et par jour, en 1950, trois cigarettes par adulte et par jour, en 1975, six cigarettes et, en 2000, cinq cigarettes. Pour ce qui est du cancer du poumon, l'épidémie, croissante en France depuis les années 50 chez l'homme, a connu un pic au début des années 90 et amorce des légers signes de fléchissement à partir de 1995. Chez la femme, la courbe est croissante depuis les années 85. Des différences entre sexes qui s'expliquent par l'évolution des consommations de tabac. Chez les 20-34 ans en 1953, 75% des hommes fument et seulement 24% des femmes (et en moindre quantité) ; en 1990, pour la même tranche d'âge, 51% des hommes fument et 39% des femmes. «Sur les presque 400 décès par cancer pour 100 000 habitants observés chez l'homme entre 35-69 ans en France, 200 sont dûs au tabac», explique Richard Peto. S'il n'y avait pas de tabac, on pourrait diviser par deux le taux de décès par cancer entre 35 et 69 ans.
Pour le seul cancer du poumon, «neuf cas sur dix sont dûs au tabac et la d urée du tabagisme augmente considérablement le risque par rapport à la quantité fumée, précise le professeur Albert Hirsch (chef du service de pneumologie à l'hôpital Saint-Louis, Paris). Il faut noter que les cancers du poumon observés dans une population sont liés à l'usage du tabac dans cette population avec un décalage de vingt ans au minimum. Ce décalage dans le temps est essentiel. Néanmoins, l'arrêt à tout moment influence la courbe épidémique du cancer. Il y a trois erreurs à ne pas commettre pour les fumeurs : se dire c'est trop tard, je fume depuis trop longtemps ; se dire je fume trop peu (il n'y a pas de seuil, même deux cigarettes par jour augmentent le risque) ; et se dire enfin dans vingt ans, c'est trop loin...».
Ces données épidémiologiques sont de la plus haute importance pour mettre en place les campagnes de prévention. Ainsi, pour réduire à court terme la mortalité par cancers liés au tabac, il faut inciter à arrêter de fumer le plus grand nombre de fumeurs dès aujourd'hui. Et, pour réduire à long terme ces décès, il faut tenter de convaincre les adolescents et jeunes adultes de ne pas se mettre à fumer.