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Dimanche 23 mars 2003

CHIRAC ET LE CANCER
Face au cancer, Jacques Chirac veut engager la "guerre" contre le tabac


[dimanche 23 mars 2003 - 15h26 heure de Paris]

© AFP
Image extraite du spot télévisé de la campagne anti-tabac du Comité national contre le tabagisme (CNCT)
© AFP/CNCT
PARIS (AFP) - Jacques Chirac, qui présentera lundi les grandes orientations du plan anti-cancer, devrait engager la "guerre" contre le tabac, dans le cadre d'une politique mettant l'accent sur la prévention, la coordination de la recherche et l'humanisation des soins.

Dans l'entourage du président de la République, on souligne l'importance de ce combat contre le cancer, dont il a fait un des grands chantiers de son quinquennat avec la sécurité routière et l'insertion des handicapés.

En France, près de 150.000 personnes par an meurent du cancer et, directement ou indirectement, tout le monde peut être concerné.

A l'Elysée, on estime qu'il est temps d'affirmer une volonté politique pour changer de regard sur cette maladie, qui pose à la fois une question de santé et de société.

Le plan anti-cancer, qui sera mis en oeuvre sur cinq ans, a été élaboré à partir des travaux de la commission présidée par le directeur général de la santé Lucien Abenhaïm. Celui-ci a remis son rapport en janvier aux ministres de la Santé Jean-François Mattei et de la Recherche Claudie Haigneré. Ce rapport énonçant 11 propositions a été enrichi de nombreuses contributions de la part des acteurs de terrain.

Lundi à l'Elysée, devant quelque 5 à 600 invités, médecins, responsables de centres anti-cancer, associations, Jacques Chirac livrera la philosophie du plan et ses grandes orientations. C'est à Jean-François Mattei qu'il reviendra de détailler, tout au long de la semaine nationale de lutte contre le cancer, les 70 mesures concrètes.

Le dispositif préconise l'amélioration de la prévention en ce qui concerne la nutrition, la consommation d'alcool, les maladies professionnelles. Mais le chef de l'Etat devrait centrer son propos sur les méfaits du tabac qui, souligne-t-on à l'Elysée, représente un danger de santé publique considérable.

Répondant aux préoccupations de la commission Abenhaïm, il devrait selon son entourage déclarer la "guerre au tabac" : stricte application de la loi Evin, harmonisation européenne, hausse du prix des cigarettes, promotion des substituts nicotiniques, campagne d'information notamment à destination des jeunes.

Autre axe du plan, la systématisation du dépistage, notamment pour le cancer du sein, de l'utérus et du colon. Le plan prévoit également d'engager sur cinq ans un programme de rattrapage en matière d'imagerie médicale. Il entend renforcer l'égalité d'accès aux soins de qualité.

En matière de soins, Jacques Chirac insistera sur la nécessaire humanisation du système. Il devrait proposer la mise en place d'une véritable consultation d'annonce du diagnostic, afin d'offrir aux patients un accompagnement psychologique et personnalisé au moment où ils apprennent leur maladie.

Il défendra la prise en charge en réseau des malades et des programmes personnalisés de traitement.

En ce qui concerne la recherche, Jacques Chirac plaidera pour une meilleure coordination. La commission Abenhaïm suggérait la création en région de "cancéropôles", "ensembles cohérents de recherche" de dimension européenne.

Jacques Chirac reprendra une autre proposition, la création d'un Institut national du cancer. Structure d'impulsion et de pilotage stratégique du secteur, cet institut sera chargé notamment de coordonner la recherche, de veiller à la qualité des soins et d'évaluer les pratiques.

Une instance de suivi et de coordination sera installée pour une durée temporaire avec pour mission de veiller à la mise en oeuvre du plan.



ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-23 10:40:08
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Mardi 11 février 2003

TABAC
Le Sénat interdit la vente de tabac aux moins de 16 ans
Dépêche reçue le 11/02/2003 à 14:50
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Un cendrier dans un bar parisien, le 30 mai 2002

Le Sénat a voté mardi l'interdiction de la vente de tabac aux moins de 16 ans en adoptant, en première lecture, une proposition de loi qui vise à restreindre la consommation de tabac chez les jeunes.

La proposition de loi, qui a été adoptée -la droite UMP-UC votant pour alors que le PS et le PCF se sont abstenus- a obtenu un "avis très favorable" de la part du ministre de la Santé Jean-François Mattei.

Le vote du Sénat n'est pas définitif. Le texte doit à présent être soumis à l'Assemblée nationale pour une première lecture avant de faire l'objet d'une seconde lecture dans les deux Assemblées.

Le texte prévoit l'interdiction "de vendre ou d'offrir gratuitement dans les débits de tabac et tous commerces ou lieux publics, des produits du tabac à des mineurs de moins de 16 ans".

L'infraction est punie de 3.750 euros d'amende. En cas de récidive, la sanction sera d'un an de prison et 7.500 euros d'amende.

Si la récidive est le fait d'un débitant de tabac (et non pas d'un tenancier de boîte de nuit) cette peine s'accompagne de la résiliation de son traité de gérance.

Mais s'il peut prouver qu'il a été induit en erreur sur l'âge du mineur, aucune peine ne lui sera appliquée.

Le texte prévoit également une sensibilisation au risque tabagique, sous forme obligatoire, dans les classes de l'enseignement primaire et secondaire.

"Les dispositions de la proposition de loi, hautement symbolique, vont dans le bon sens" a souligné le ministre en ajoutant: "Nous sommes favorables à l'interdiction de vente aux moins de 16 ans et à la sanction des débitants de tabac".

"L'interdiction de la vente aux mineurs de moins de 16 ans est une mesure cohérente avec l'interdiction de vente d'alcool à ces mêmes mineurs dans les débits de boisson" a déclaré M. Mattei. "Notre désir est de protéger la jeunesse d'une drogue mortelle", a-t-il affirmé.

Le ministre a toutefois estimé "que d'après les expériences d'autres pays il ne s'agit pas d'une mesure miracle".

"La consommation de tabac par les jeunes Français est au-dessus de la moyenne de leurs homologues européens" a affirmé le rapporteur de la Commission des Affaires sociales Dominique Larifla (RDSE, Guadeloupe).

Bernard Joly (RDSE, Haute-Saône), l'auteur de la proposition de loi, a déclaré "qu'il faut rendre la consommation de tabac inacceptable socialement". "L'interdiction de vente aux mineurs est une mesure de protection et de responsabilité", a-t-il dit.

"Le combat ne doit pas se limiter à l'interdiction de vente aux mineurs car c'est dans la tête des adolescents que tout se joue" a déclaré Valéry Létard (centriste, Nord) alors que Nelly Olin (UMP, Val-d'Oise) a lancé: "Nous devons dire non à la première cigarette".

Les intervenants de la gauche ont fait part de leurs réserves. Gilbert Chabroux (PS, Rhône) s'est déclaré partisan d'une "mesure d'ensemble" et Roland Muzeau (PCF, Hauts-de-Seine) a jugé qu'il s'agissait "d'un coup politique sans lendemain".

  1. Sénat

ericjeanloicbreton | 2 commentaires | 2003-02-11 09:53:33
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Jeudi 6 février 2003

TABAC

 

 

ÉPIDÉMIOLOGIE La lutte contre la cigarette outre-Manche a été suivie d'une baisse spectaculaire de la mortalité prématurée

(Photo Le Figaro)

Cancer du poumon : l'exemple anglais confirme les bienfaits de l'arrêt du tabac

La mortalité masculine par cancer du poumon décroît de façon ininterrompue depuis plus de vingt ans au Royaume-Uni. En France, elle suit l'évolution inverse. Les données britanniques les plus récentes démontrent pourtant que le fait d'arrêter de fumer à tout âge diminue le risque : 15% de risque d'avoir un cancer du poumon pour un fumeur, 6% s'il arrête à 50 ans et 2% s'il stoppe à 30 ans. Ces travaux ont été présentés dans le cadre d'une conférence organisée par la Ligue nationale contre le cancer lors du 14e congrès sur les traitements anticancéreux qui se tient cette semaine au Palais des congrès à Paris.

Martine Perez

[06 février 2003]

«Si Jacques Chirac ne fait rien contre le tabac dans le plan cancer qu'il prépare, alors il n'y aura pas de politique de prévention contre le cancer», a déclaré sir Richard Peto, professeur en épidémiologie à Oxford, en Angleterre, spécialiste mondial des relations entre tabagisme et santé. Cet expert éminent sait de quoi il parle. Dans le cadre de ses travaux sur le tabagisme dans le monde, il a notamment comparé la mortalité par cancer lié au tabac de part et d'autre de la Manche et a montré à cette occasion que le tabac pèse massivement dans la mortalité prématurée en France puisqu'il est à lui tout seul responsable de la moitié des décès prématurés (entre 35 et 69 ans) par cancer. Il surveille par ailleurs année par année, avec Richard Doll, l'évolution de la consommation de tabac outre-Manche et celle de la mortalité prématurée liée au tabac et en extrait des données utilisées désormais partout dans le monde.

Que se passe-t-il au Royaume-Uni ? Après une augmentation massive, la mortalité par cancers liés au tabac a atteint son apogée dans les années 60 avec un taux de pratiquement 250 décès pour 100 000 hommes âgés de 35 à 69 ans. Les chiffres ont ensuite nettement baissé pour atteindre aujourd'hui un peu plus de 100 décès liés au tabac pour 100 000 hommes de la même tranche d'âge. Pour les femmes, l'entrée dans le tabagisme a été plus tardive, avec apparition des cancers dus au tabac plus tard et amorce récente d'une petite décroissance du nombre de cas. Actuellement, en Grande-Bretagne, 28% des hommes et 26% des femmes fument. Richard Peto tire trois principaux messages de tous ces chiffres et statistiques : la moitié des fumeurs seront tués (cancers et maladies cardio-vasculaires) par le tabac, un quart d'entre eux avant 70 ans ; le fait d'arrêter de fumer réduit les risques, à tout âge. Il ne s'agit pas de prôner la vie éternelle, mais d'éviter par l'arrêt du tabac la mortalité précoce.

Comment les Britanniques s'y sont-ils pris pour réduire le tabagisme et la mortalité qui y est liée ? «On ne sait pas très bien, répond Richard Peto. La plus grande étude sur le tabagisme et la santé a été menée pendant plus de quarante ans, sur 36 000 médecins britanniques. Quand les résultats de l'étude les concernant ont mis en évidence pour eux une surmortalité massive due au tabac, ils ont été considérablement sensibilisés et ont sensibilisé leurs patients. Le rôle des journalistes aussi a été important...». A peine 6% des médecins anglais fument contre plus de 30% des médecins français.

La comparaison des chiffres entre la France et le Royaume-Uni illustre notre inaptitude à faire face au fléau sanitaire représenté par le tabac. Nous devançons désormais les Britanniques, tant en termes de pourcentage de fumeurs que de morts liés au tabac. Que se passe-t-il en France ? Les chiffres de consommation montre que les Français, en 1925, fumaient en moyenne une cigarette par adulte et par jour, en 1950, trois cigarettes par adulte et par jour, en 1975, six cigarettes et, en 2000, cinq cigarettes. Pour ce qui est du cancer du poumon, l'épidémie, croissante en France depuis les années 50 chez l'homme, a connu un pic au début des années 90 et amorce des légers signes de fléchissement à partir de 1995. Chez la femme, la courbe est croissante depuis les années 85. Des différences entre sexes qui s'expliquent par l'évolution des consommations de tabac. Chez les 20-34 ans en 1953, 75% des hommes fument et seulement 24% des femmes (et en moindre quantité) ; en 1990, pour la même tranche d'âge, 51% des hommes fument et 39% des femmes. «Sur les presque 400 décès par cancer pour 100 000 habitants observés chez l'homme entre 35-69 ans en France, 200 sont dûs au tabac», explique Richard Peto. S'il n'y avait pas de tabac, on pourrait diviser par deux le taux de décès par cancer entre 35 et 69 ans.

Pour le seul cancer du poumon, «neuf cas sur dix sont dûs au tabac et la d urée du tabagisme augmente considérablement le risque par rapport à la quantité fumée, précise le professeur Albert Hirsch (chef du service de pneumologie à l'hôpital Saint-Louis, Paris). Il faut noter que les cancers du poumon observés dans une population sont liés à l'usage du tabac dans cette population avec un décalage de vingt ans au minimum. Ce décalage dans le temps est essentiel. Néanmoins, l'arrêt à tout moment influence la courbe épidémique du cancer. Il y a trois erreurs à ne pas commettre pour les fumeurs : se dire c'est trop tard, je fume depuis trop longtemps ; se dire je fume trop peu (il n'y a pas de seuil, même deux cigarettes par jour augmentent le risque) ; et se dire enfin dans vingt ans, c'est trop loin...».

Ces données épidémiologiques sont de la plus haute importance pour mettre en place les campagnes de prévention. Ainsi, pour réduire à court terme la mortalité par cancers liés au tabac, il faut inciter à arrêter de fumer le plus grand nombre de fumeurs dès aujourd'hui. Et, pour réduire à long terme ces décès, il faut tenter de convaincre les adolescents et jeunes adultes de ne pas se mettre à fumer.


ericjeanloicbreton | 1 commentaire | 2003-02-06 13:18:49
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