POLLUTION

AFP Général
Général, mardi 1 avril 2003
Pollution: 60% des Franciliens respirent un air chroniquement pollué (PAPIER GENERAL)
Marie-Pierre FEREY
PARIS (AFP) - Plus de 60% des Franciliens respirent de manière chronique un air de qualité "non satisfaisante", selon les résultats de la campagne de mesure de grande envergure Life Résolution menée par Airparif dans 120 villes d'Ile-de-France, publiés mardi.
Selon Airparif, 3,9 millions de Franciliens résidant dans Paris et les proches banlieues sud, nord-ouest et est respirent toute l'année des niveaux de dioxyde d'azote supérieurs à l'objectif de qualité français.
Cet "objectif de qualité" de 40 microgrammes de dioxyde d'azote par m3 vise la pollution de fond, c'est-à-dire le niveau moyen observé toute l'année à l'écart des grands axes. La norme française pour le dioxyde d'azote reprend la recommandation de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Si on ajoute 650.000 personnes dont l'air sur le lieu d'habitation avoisine ou dépasse de temps à autre ce seuil réglementaire (en particulier au nord de l'Essonne au croisement A6-A10), "plus de 60% des habitants de l'agglomération parisienne sont susceptibles d'être exposés à un air de qualité insatisfaisante", ajoute le réseau de surveillance.
Pour le benzène, les émissions sont en baisse du fait de la diminution de concentration dans les carburants, mais restent supérieures aux normes de qualité dans Paris intra muros et dans la banlieue proche du nord et du nord-est.
740.000 Franciliens sont exposés, selon Airparif, à un niveau de pollution en benzène qui en moyenne dans l'année, dépasse la norme française. Cette norme, 2 microgrammes par m3, est toutefois plus sévère que la norme européenne de 5 microgrammes/m3.
Le benzène est cancérigène. Le dioxyde d'azote peut provoquer des inflammations de bronches chez les asthmatiques et les insuffisants respiratoires. Le trafic routier est responsable de 54% des émissions de dioxyde d'azote et de 34% des émissions de composés organiques volatils, dont fait partie le benzène.
Le coeur de Paris est le plus pollué. Les émissions sont de 30 à 40% plus élevées en hiver, du fait des chauffages (dioxyde d'azote) et des émissions de benzène lors du démarrage à froid des véhicules catalysés. De plus, les polluants se dispersent moins bien l'hiver.
C'est la première fois qu'Airparif mesure la pollution à cette échelle: 250 capteurs ont été placés dans 120 communes, à raison de 1 tous les 2 km. Airparif a aussi mesuré de façon fine l'air tous les 50 m en s'éloignant d'axes majeurs comme la rue Saint-Antoine, dans le Marais, et la rue de Rivoli.
La pollution à proximité directe de l'axe routier peut être jusqu'à trois ou quatre fois plus élevée que le niveau de fond du quartier pour le benzène et deux fois supérieure pour le dioxyde d'azote. Plus la rue est étroite, encaissée avec des immeubles élevés, plus la pollution est intense.
"Cela ne veut pas dire que les gens vont s'écrouler sur le trottoir, mais des portions de populations plus fragiles, comme les enfants et les personnes agées ou ayant des difficultés respiratoires seront gênées", a expliqué à l'AFP Agnès Lefranc, de l'Observatoire régional de la santé en Ile-de-France.
Toutes les études disponibles (Erpurs, Institut de veille sanitaire) relèvent une hausse des décès et des hospitalisations, notamment des enfants pour asthme, lorsque la pollution augmente.
Selon Mme Lefranc, "le respect des normes de qualité représenterait déjà sans aucun doute une amélioration pour la santé des habitants d'Ile-de-France". Airparif estime que pour respecter ces objectifs, il faudrait abaisser de 50 à 80% les émissions polluantes.
mpf/pc/ds
Catégorie : Actualités
Sujet(s) uniforme(s) : Pollution de l'air; Santé publique et condition physique
Sujet(s) - AFP Général : Environnement; pollution; air; santé; IDF
Heure de publication : 10:47 GMT
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Doc. : 20030401AF0FRS483_091_124721