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Jeudi 27 mars 2003

PNEUMONIES
Pneumopathie :
le virus identifié
Des chercheurs de l'université de Hong Kong pensent avoir identifié l'agent principal du syndrome aigu respiratoire. Mille malades en quarantaine.

 
A gauche, une colonie de cellules infectées par le virus de la pneumonie identifié à Hong Kong. A droite une cellule seule (AP)
 
Des chercheurs de l'université de Hong Kong pensent avoir identifié l'agent principal du syndrome aigu respiratoire sévère (SARS) dont le caractère terriblement contagieux dans des circonstances extrêmement banales de la vie en société se trouve confirmé selon eux.
Il appartient à la famille des coronavirus qui est à l'origine des rhumes classiques. Mais les chercheurs le soupçonnent de s'associer à un virus de la famille des paramyxovirus à laquelle appartiennent la rougeole et les oreillons.
L'un des chercheurs, le professeur en microbiologie Malik Peiris explique que le virus est capable de survivre à l'air libre pendant plusieurs heures. Il peut être transmis entre deux individus qui se serrent la main. On peut aussi être contaminé en touchant un bouton d'ascenseur sur lequel a appuyé auparavant une personne malade. Toutefois, un peu d'alcool sur la zone contaminée suffit à tuer l'agent pathogène.
Celui-ci provient probablement d'animaux, estime le Pr Peiris, sans que l'on puisse dire à ce stade de quelle espèce.
Le SARS a fait 53 morts et rendu malades 1.300 personnes dans le monde, la majorité en Chine où s'est déclarée l'épidémie.

Quarantaine à Hong-Kong

Incapable jusqu'à présent de circonscrire l'épidémie de pneumonie atypique, le gouvernement de Hong Kong a annoncé jeudi que 1.080 personnes susceptibles d'y avoir été exposées étaient placées en quarantaine.
Le chef de l'exécutif autonome de Hong Kong, Tung Chee-hwa, a également annoncé que les écoles seraient fermées de samedi jusqu'au 6 avril afin d'arrêter la propagation du SARS qui a fait 11 morts dans le territoire chinois autonome.
«Pour notre santé et pour la santé de notre communauté, nous devons gagner cette bataille», a déclaré Tung Chee-hwa lors d'une conférence de presse.
Il a ajouté que les autorités avaient décrété la mise en quarantaine de 1.080 personnes dont on pense qu'elles ont été en contact avec des victimes de la pneumonie atypique.
Ces personnes doivent rester chez elles et elles doivent se signaler régulièrement aux services de santé pendant 10 jours à partir de lundi, sous peine d'amende ou d'emprisonnement.
Sont placées en quarantaine les personnes ayant rendu visite aux patients hospitalisés pour un SARS et celles ayant séjourné au neuvième étage du Metropole Hotel de Hong Kong, où est née l'épidémie.

Etat d'urgence en Ontario

Le gouvernement de l'Ontario, la province la plus peuplée du Canada, a décrété mercredi l'état d'urgence pour tenter d'enrayer la propagation du syndrome aigu respiratoire sévère (SARS) alors que les habitants de Toronto, en proie à la panique, s'arrachaient les masques de protection dans les magasins.
Le ministre de la Santé et des Soins de longue durée de la province, Tony Clement, a annoncé la mise en œuvre d'un plan d'action visant à enrayer l'épidémie. Des douzaines de familles ont été mises en quarantaine. Une école et la salle d'urgence d'un hôpital ont également été fermées.
Les mesures appliquées incluent la mise en place d'un centre de commandement en opération 24 heures sur 24 afin de coordonner toutes les informations en provenance des hôpitaux et des travailleurs de la santé au sujet du SARS, également connu sous le nom de pneumonie atypique primitive.

Quarantaine à Toronto

Quelque 25 habitants de Toronto ressentant les symptômes du SARS, parmi lesquels plusieurs travailleurs de la santé, ont été placés en quarantaine, certains dans des chambres d'isolement d'hôpitaux. Il a été demandé aux membres de leurs familles de rester à la maison pour une période d'au moins 10 jours et de dormir dans des pièces séparées. Il leur est en outre interdit de partir de chez eux ou de l'hôpital.
Les responsables de la santé publique ont déclaré que les mises en quarantaine pourraient totaliser plusieurs centaines de personnes.
Jusqu'à présent, 18 cas probables ont été répertoriés par les autorités torontoises, et un autre par celles de Vancouver. Trois personnes sont décédées à Toronto.
Les personnes à risques sont celles qui ont récemment séjourné dans la province de Guangdong, en Chine, à Hong Kong, au Vietnam et à Singapour, ou celles qui ont été en contact étroit avec des patients infectés par le SRAS, a fait savoir le ministère de la Santé et des Soins de longue durée.

Nouveaux cas en Asie

En Asie en effet de nombreux cas ont été dénombrés. Ainsi, après avoir reconnu mercredi que 31 personnes avaient succombé à l'épidémie de pneumonie atypique dans la province de Canton, la Chine a annoncé jeudi que quatre nouveaux cas avaient été signalés dans la ville de Taiyuan.
Selon l'agence de presse Chine nouvelle, quatre personnes ont été hospitalisées dans cette ville industrielle située à quelque 400km au sud-ouest de Pékin. Deux d'entre elles sont aujourd'hui hors de danger, mais les deux autres subissaient toujours des examens.
Par ailleurs, Singapour a annoncé mercredi ses deux premiers décès liés au syndrome aigu respiratoire sévère (SARS), portant le nombre total de victimes à 53 dans le monde entier. Toutes les écoles de l'île-Etat étaient en outre fermées jeudi par mesure de précaution.
A Taiwan, cinq employés d'une société d'ingénierie ont été hospitalisés dans trois établissements de Taïpeh après avoir développé les symptômes du SARS. Au cours du mois, ils avaient côtoyé neuf personnes ayant contracté la maladie à bord d'un avion qui les emmenaient à Pékin. Les autorités sanitaires pensent qu'ils ont été infectés lors du voyage. La société qui les emploie a été fermée.

Les Stones annulent un concert

Les Rolling Stones ont pour leur part annoncé jeudi qu'ils annulaient les deux concerts prévus vendredi et samedi à Hong Kong en raison de l'épidémie. «La hausse du nombre de cas de SARS à Hong Kong et en Chine du Sud et le souci posé par de grands rassemblements populaires ont provoqué une appréhension chez les fans et une préoccupation concernant leur sécurité», précise le communiqué qui ne donne pas de nouvelles dates.

 

Pneumopathie : un coronavirus suspect N°1

Infirmières dans un hôpital de Guangzhou, dans le sud de la Chine. (AP)
 
 

Un membre encore inconnu de la famille des Coronavirus serait le principal responsable de la pneumonie qui a fait une cinquantaine de morts dans quatre pays depuis la fin février. Les microbiologistes de l’Université de Hongkong, qui avaient d’abord avancé l’hypothèse d’un paramyxovirus, affirment aujourd’hui qu’il s’agit d’un coronavirus, rejoignant ainsi les conclusions de l’équipe du CDC (Centre de contrôle des maladies d’Atlanta). Un test de dépistage de la maladie devrait être rapidement disponible.

Les coronavirus sont les principaux responsables des rhumes communs. Le virus impliqué dans le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) qui touche l’Asie serait donc un virus humain devenu plus dangereux par mutations ou un virus animal franchissant pour la première fois la barrière des espèces. L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) n’exclut pas l’hypothèse d’une co-infection par deux virus.

Les experts de l’OMS estiment désormais officiellement que la maladie qui s’est déclarée dans le sud de la Chine en novembre est la même que celle qui touche Hongkong, Singapour ou Hanoï. Les autorités chinoises ont fini par reconnaître que l’épidémie avait fait 31 morts dans la province du Guangdong et contaminé 800 personnes. Hors de la Chine, le SRAS a fait une vingtaine de morts, dont la moitié à Hongkong, région frontalière du Guangdong.

A Singapour et à Hongkong des écoles ont été fermées pour plusieurs jours et des centaines de gens contraints à rester chez eux, en quarantaine, afin de maîtriser l’épidémie.

C.D.
(27/03/2003)


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-27 12:56:04
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Mercredi 26 mars 2003

PNEUMONIES
Pneumopathie : le Français
dans un état critique
Le premier Français atteint est dans un état critique. Il avait séjourné à Hanoï. Le chauffeur de taxi qui l'avait transporté a été identifié.

 
A gauche, une colonie de cellules infectées par le virus de la pneumonie identifié à Hong Kong. A droite une cellule seule (AP)
 
Un patient hospitalisé depuis dimanche à Tourcoing est toujours "dans un état stationnaire", a fait savoir mardi la Direction générale de la Santé (DGS), qui considère que cet homme est atteint du syndrome respiratoire aigu sévère.
Selon la DGS, 140 patients présentant des symptômes proches de ceux de la grippe ou des troubles respiratoires et revenant d'Asie du Sud-Est ont été recensés en France. Neuf d'entre eux sont toujours "en évaluation", et 130 ne sont pas atteints de la pneumopathie atypique, selon un communiqué.
Un numéro vert (0800.150.160) a été mis en place pour informer les personnes revenant ou se rendant prochainement dans la zone géographique concernée (Vietnam, Hong Kong, Singapour et province de Canton en Chine du Sud).
A ce jour, l'épidémie de pneumopathies atypiques en provenance d'Asie du Sud-Est a fait au moins 17 morts, et touché près de 500 personnes dans le monde, selon les chiffres présentés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur son site Internet.

Rentré sans symptomatologie

Arrivé dimanche à Roissy, le médecin revenait d'un séjour - débuté le 23 février - à l'hôpital français de Hanoi, touché par l'épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère. Il a été l'un des premiers soignants à s'occuper des personnes victimes de cette maladie, au moment où toutes les précautions n'étaient pas encore prises.
"Sur place il a été exposé à une grosse dose du (virus) pathogène. Le 15 mars il a été mis sous antigrippal et a continué ses activités", a expliqué le professeur Yves Mouton, chef du service des maladies infectieuses et du voyageur à l'hôpital de Tourcoing.
Selon lui, le cardiologue lui avait téléphoné le 13 mars pour dire qu'il souhaitait rentrer en France faire un bilan de santé. Mais son départ avait été retardé pour lui permettre de recueillir les cendres d'un ami médecin décédé sur place de la maladie.
Il est finalement rentré dimanche matin alors qu'il "n'avait pas de symptomatologie a priori au départ d'Hanoï". Il s'est rendu directement en taxi à Tourcoing, où "des signes suffisamment forts de pneumopathie ont été relevés" qui ont conduit à son hospitalisation puis à son transfert en réanimation dans les douze heures qui ont suivi, a précisé le professeur Guéry.

Antibiothérapie large spectre

Placé sous assistance ventilatoire complète, "il est sous sédatif, intubé et suit un traitement antibiotique standard, et un traitement antiviral, avec de la ribavirine, qui a fonctionné chez un cas déclaré à Hongkong", a-t-il ajouté.
"On a mis une antibiothérapie large spectre, avec une céphalosporine et une quinolone, dans le cas d'une surinfection bactérienne associée. La réanimation est standard, totalement atypique par rapport à la pathologie du patient. Il a à boire, à manger, de l'eau, du sel, et des ions (sodium, potassium...)".
Selon le professeur Guéry, "le risque de contamination est bien contenu. Toutes les mesures sont prises et l'hôpital continue de fonctionner normalement".

Double isolement

La pièce dans laquelle se trouve le cardiologue comporte un double sas d'isolement et chaque personnel qui le soigne - une infirmière et une aide-soignante par douze heures et un médecin par jour - dispose de deux niveaux de protection : deux masques, deux blouses, une charlotte, des lunettes et des chaussons.
Selon la Direction générale de la santé (DGS) le cas de ce patient est le premier avéré de pneumopathie atypique détecté en France.
La DGS a renouvelé ses recommandations aux passagers ayant emprunté le même vol que le cardiologue (AF Hanoi-Paris via Bangkok arrivé dimanche 23 mars à Roissy Charles De Gaulle à 6h55).
Par ailleurs, le chauffeur de taxi ayant conduit le cardiologue de Roissy jusqu'à Lille a été identifié mercredi matin. Il "va suivre le même protocole que les autres personnes ayant été en contact avec le malade", a précisé la DGS. "Il a été isolé de tout contact extérieur", indique encore la DGS, qui ne précisait pas si l'homme a été hospitalisé.

Pneumonie : le virus identifié

Selon des responsables sanitaires américains, cette maladie semble être une nouvelle variété d'un virus commun responsables de rhumes.

La directrice du Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) a affirmé que plusieurs tests avaient révélé la présence d'une forme de microbe connu sous le nom de Coronavirus dans les tissus prélevés sur des personnes infectées par le syndrome aigu respiratoire sévère (SARS). Par ailleurs, le médecin de l'hôpital français de Hanoi touché par l'épidémie, hospitalisé depuis dimanche à Tourcoing (Nord), était hier dans un " état stable ". La Direction générale de la santé (DGS) recommande à tous les passagers ayant emprunté le même vol que ce patient (AF Hanoi-Paris via Bangkok, arrivé dimanche dernier à Roissy-Charles-de-Gaulle à 6 h 55), de contacter le centre 15 qui leur indiquera les recommandations à tenir.


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-26 11:52:55
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Mardi 25 mars 2003

PNEUMONIE

- Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) : situation au 24 mars Format PDF (95 Ko)

 

Médecine et santé

Singapour impose la quarantaine contre le SRAS

A Hongkong, de plus en plus de gens portent un masque de protection au quotidien. (AP /Anat Givon)
 
 

En Asie, Singapour, Hongkong et le Vietnam se battent toujours pour maîtriser l’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), tandis que les chercheurs de onze laboratoires tentent au plus vite d’identifier le virus responsable de l’infection. Les autorités singapouriennes ont imposé à 740 personnes qui auraient été en contact avec des patients atteints du SRAS de rester chez elles. Jusqu’à présent les personnes infectées appartenaient quasiment toutes au milieu médical ou à l’entourage des victimes. Cependant les autorités craignent un élargissement de l’épidémie.

Ce syndrome a contaminé 465 personnes, 17 en sont décédées, selon la comptabilité de l’OMS en date du 24 mars. Hongkong est le principal foyer infectieux, avec au moins 260 cas dont 10 morts. Le Vietnam compte 4 morts et le Canada trois (pour onze cas).

La nature exacte de l’agent infectieux reste encore à déterminer. Selon certains chercheurs, notamment ceux de l’université de Hongkong, il s’agit d’un paramyxovirus, une famille à laquelle appartiennent le virus de la rougeole et celui des oreillons. Une équipe du Centre de contrôle des maladies (CDC) d’Atlanta a de son côté isolé un coronavirus, connu pour être l’un des principaux responsables du rhume.

L’origine de cette épidémie pourrait se trouver en Chine du Sud, dans la province du Guangdong, où une mystérieuse pneumopathie aurait contaminé plus de 300 personnes entre novembre et février. Une équipe de l’OMS est arrivée à Pékin samedi dernier pour en savoir plus sur l’infection et vérifier le lien entre les deux flambées épidémiques.

Cécile Dumas
(25/03/2003)

PNEUMOPATHIE Un médecin chinois serait à l'origine de certaines contaminations à Hongkong, puis en Asie et au Canada
L'épidémie se serait bien propagée à partir de la Chine du Sud


Cyrille Louis
[21 mars 2003]

La traque menée sans relâche par plusieurs équipes scientifiques internationales pour identifier l'origine de l'épidémie de Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) pourrait bien avoir enregistré hier une nouvelle avancée. Les autorités sanitaires de Hongkong assurent en effet avoir reconstitué le cheminement possible de la maladie jusqu'au coeur de l'ancienne colonie britannique. Puis vers Singapour, le Vietnam et le Canada.

Fraîchement débarqué de la province du Guangdong (Chine du sud), un médecin chinois de 64 ans présentant les symptômes du SRAS aurait contaminé, entre le 15 et le 27 févier dernier, sept personnes dans un hôtel de Hongkong où il séjournait. Décédé depuis, l'homme constitue le premier lien matériel entre l'épidémie qui a frappé 305 personnes dans la région du Guangdong depuis novembre 2002 et les 165 cas de SRAS enregistrés dans la ville ces dernières semaines. Les sept personnes contaminées dans ce foyer initial, dont une femme canadienne âgée de 78 ans qui est décédée depuis, résidaient apparemment au neuvième étage de l'hôtel Metropole au même moment que le médecin chinois. D'après Margaret Chan, directrice de la Santé de la ville de Hongkong, celui-ci éternuait fortement et s'est abondamment mouché lors de son séjour. Toutefois, l'ensemble des occupants de l'étage n'a pas été infecté.

C'est probablement au contact du malade qu'un homme d'affaires américain, également présent dans l'établissement fin février, a été contaminé par le SRAS. De passage au Vietnam quelques jours plus tard, ce dernier serait pour sa part le point de départ de l'épidémie qui a déjà touché 58 personnes à Hanoï. Il est mort peu après son retour à Hongkong, le 13 mars. Par ailleurs, des touristes singapouriens et canadiens qui résidaient aussi à l'hôtel Metropole ont développé la maladie de retour dans leur pays.

La mise en évidence de cette chaîne de contaminations tend à confirmer l'hypothèse, formulée dès le lancement de l'alerte par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) samedi dernier, selon laquelle l'épidémie de SRAS aurait démarré en Chine. Mais seule la mise en évidence du germe responsable de la maladie permettra, le cas échéant, de la valider. Mercredi, trois laboratoires de Hongkong, Hambourg et Francfort ont annoncé avoir repéré par microscopie électronique un agent de la famille des paramyxovirus dans des échantillons prélevés sur des malades. Mais d'autres tests sont encore nécessaires pour s'assurer que les 264 cas de pneumopathies atypiques – dont 14 mortels – recensés en Asie, en Amérique du Nord et en Europe depuis le 26 février sont attribuables à ce virus.

Plusieurs paramyxovirus sont connus de longue date, responsables pour la plupart de maladies respiratoires ou de pathologies enfantines, comme la rougeole ou les oreillons. Mais ceux-ci sont à la fois plus contagieux et moins virulents que le germe du SRAS. Aussi les virologues n'excluent-ils pas d'être confrontés à un virus humain dont certaines caractéristiques auraient muté.

A moins qu'il ne s'agisse d'un agent animal soudain devenu transmissible à l'homme. Ou encore que ces pneumopathies atypiques ne soient causées par l'un des deux paramyxovirus potentiellement mortels récemment mis en évidence : Nipah, qui a tué 105 personnes en Malaisie (1998) et Hendra, qui a causé deux décès en Australie (1994 et 1995). Aucune transmission interhumaine de ces germes n'avait jusqu'à présent été mise en évidence.


Pékin contrôle étroitement l'information sur la maladie


Pékin : de notre correspondant François Hauter
[21 mars 2003]

Alors que deux personnes viennent de mourir de ce qui semble être la pneumonie atypique à Pékin, et que l'enquête épidémiologique tend à confirmer l'origine chinoise de cette flambée infectieuse, le ministre chinois de la Santé affirmait mercredi que l'épidémie était contrôlée dans le sud du pays, et qu'elle n'existait pas dans la capitale.

La presse chinoise a été muselée sur le sujet. L'épidémie est apparue à la mi-novembre dans plusieurs villes de la province du Guangdong : 305 personnes ont officiellement été affectées, et cinq ont été terrassées. Comme pour le sida, la technique de Pékin consiste à interdire l'information et à prétendre que le problème n'existe pas.

Les deux morts de Pékin venaient de la région pauvre du Shanxi, dans le centre du pays. L'homme et son épouse sont décédées les 7 et 15 mars dans la capitale, où ils étaient venus se faire soigner à l'hôpital militaire n° 302. «Nous ne savons pas s'ils ont contracté la maladie au Shanxi ou à Pékin», a affirmé mercredi un responsable du centre de prévention et de contrôle des maladies. Les médecins qui ont soigné les deux victimes ont été placés en quarantaine. «Il n'y a pas de cas de pneumonie atypique à Pékin», a cru ensuite devoir corriger un porte-parole du ministère de la Santé. Cette façon de ne pas reconnaître une difficulté avant de pouvoir annoncer qu'on a commencé à la surmonter est typique des méthodes de travail des apparatchiks de l'administration chinoise. Ce n'est que le 10 mars que Pékin a demandé de l'aide à l'OMS, alors cette épidémie s'est déclenchée quatre mois plus tôt, et qu'elle s'est vraisemblablement propagée dans le reste du pays, au rythme des déplacements des millions de gens qui vont travailler dans le Sud, et qui sont tous rentrés dans leurs régions natales à l'occasion du nouvel an chinois. La plupart des pandémies mortelles de grippes du siècle dernier (1918, 40 millions de morts ; 1957 et 1968, 1,5 million de morts) sont parties du sud de la Chine. «Avec 55 millions d'habitants dans la région du Guangdong et 35 millions dans la région voisine du Fujian, le système sanitaire de surveillance actuel de la Chine ne fera pas de grande différence», déclarait fin février Klaus Stohr, qui dirige le système d'alarme de l'OMS sur les pandémies.

Dimanche dernier, les Chinois ont commencé à confier à l'OMS leurs données recueillies depuis quatre mois. Mais cela ne va pas sans mal : «Nous voulons davantage d'informations», dit Alan Schnur, de l'OMS à Pékin, en révélant que le ministère de la Santé chinois n'avait toujours pas proposé pour analyse les prélèvements effectués sur les 305 malades de novembre 2002.

Pékin ne veut pas reconnaître, pour des raisons très chinoises, que cette épidémie puisse s'être propagée à partir du sud du pays. Il est clair malheureusement que l'administration chinoise porte une lourde responsabilité dans l'expansion de cette pneumonie atypique, pour avoir refusé d'alerter à temps non seulement les Chinois, mais aussi le reste du monde.



ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-25 12:49:46
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Vendredi 21 mars 2003

EPIDEMIE
Pneumonie atypique: l'origine "vraisemblablement" en Chine, selon l'OMS

HONG KONG, 21 mars (AFP) - L'épidémie de pneumonie atypique dans le monde a "vraisemblablement" trouvé son origine en Chine, a reconnu vendredi un responsable de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) à Pékin en s'appuyant sur les résultats de l'enquête menée à Hong Kong où près de 200 cas ont été dénombrés.

Henk Bekedam, représentant de l'OMS dans la capitale chinoise, a affirmé que si les examens ne pouvaient pas être pratiqués car la Chine n'a pas fourni d'échantillons, il existait de nombreux indices.

Il a expliqué que c'était probablement un médecin malade, originaire de Canton (Guangzhou, sud de la Chine), et ayant séjourné dans un hôtel de Kowloon qui avait été à l'origine de la propagation du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) à Hong Kong d'où ensuite il s'est diffusé par le biais des clients infectés.

"Il est très probable qu'il existe un lien avec Hong Kong", a-t-il déclaré au cours d'un point presse. "Nous avons cependant beaucoup d'interrogations, mais ce qui s'est produit devient de plus en plus évident. Le lien est de plus en plus certain", a-t-il ajouté.

Le médecin responsable involontaire de la dissémination de l'agent pathogène, mort depuis à Hong Kong, séjournait dans l'hôtel Métropole, établissement situé dans le quartier de Kowloon, à Hong Kong. C'est au cours de ses allées et venues et en particulier dans l'ascenseur qu'il aurait infecté plusieurs clients en février, a expliqué le directeur de la Santé de Hong Kong, Margaret Chan.

L'homme d'affaires américain, d'origine chinoise, mort le 13 mars à Hong Kong après avoir été transféré depuis Hanoi où la maladie s'était déclarée, a également séjourné dans cet hôtel en même temps que le médecin de Canton, a établi l'enquête de Hong Kong.

Cet homme d'affaires est probablement responsable de la flambée de SRAS survenue à Hanoi où il a été soigné après y avoir ressenti les premiers symptômes de la maladie créée par un virus dont la période d'incubation est de plusieurs jours.

De même les touristes de Singapour et de Toronto au Canada, où il y a eu deux morts, figurant parmi les premiers cas déclarés, ont séjourné dans cet hôtel avant de contaminer à nouveau d'autres personnes, ont indiqué les autorités sanitaires de Hong Kong.

C'est la première fois qu'un responsable de l'OMS établit un rapport entre les cas apparus dans la province du Guangdong (province de Canton) et ceux de Hong Kong, ce qui accroît les soupçons selon lesquels d'autres cas décelés dans le monde pourraient être liés à l'épidémie apparue en Chine où les autorités ont fourni très peu d'informations.

Début février, les autorités chinoises avaient reconnu qu'une pneumonie avait fait cinq morts et affecté 305 personnes. Deux autres personnes sont mortes à Pékin en début de semaine.

Le ministre chinois de la Santé Zhang Wenkang a assuré mercredi à des responsables de l'OMS que "l'épidémie de pneumonie atypique qui a touché certaines parties de la province du Guangdong depuis novembre 2002 était sous contrôle", selon l'agence Chine Nouvelle.

Une équipe d'experts de l'OMS doit arriver dimanche en Chine afin d'obtenir des données scientifiques des autorités locales.

A Hong Kong, les autorités ont révélé vendredi que 32 cas supplémentaires de pneumonie atypique avaient été enregistrés, ce qui porte à 197 le nombre de personnes touchées par cette maladie alors qu'un nouveau foyer a été localisé.

Au total, ce sont neuf foyers qui ont été identifiés à Hong Kong, dont quatre sont liés au séjour du médecin chinois.

Le SRAS est officiellement responsable de la mort de dix personnes à Hong Kong, au Canada et au Vietnam, selon l'OMS, qui a établi à 306 le nombre de cas enregistrés vendredi dans le monde.

SRAS : les épidémiologistes remontent la piste

Une infirmière dans un hôpital de Hongkong. (AP)
 
 

D’après les informations recueillies par les autorités sanitaires de Hongkong, l’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) pourrait bien trouver sa source en Chine du Sud. Un médecin chinois venant de la province du Guangdong, où une mystérieuse pneumopathie avait déjà infecté plus de 300 personnes, a séjourné dans un hôtel de Hongkong, le Metropole. Il y a infecté sept personnes entre le 12 février et le 2 mars. Ces patients ont ensuite transmis l’infection au personnel hospitalier. Il est probable que l’homme d’affaire hospitalisé à Hanoï fin février –le premier cas officiellement diagnostiqué- ait été contaminé lors d’un séjour au Metropole.

La Chine n’a donné que peu d’informations sur la flambée épidémique qui a touché la province du Guangdong entre novembre et février. Elle aurait fait 5 morts. Cette semaine, deux personnes seraient mortes à Pékin du syndrome respiratoire aigu, information aussitôt démentie par les autorités chinoises. L’OMS attend toujours de pouvoir pratiquer des analyses sur des prélèvements effectués sur les malades.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le SRAS aurait contaminé 306 personnes et tué dix personnes (en date du 20 mars). L’agent infectieux responsable de l’infectieux serait un virus inconnu du type paramyxovirus. Pour l’instant, le meilleur outil de diagnostic est la radiographie des poumons. Pour soigner l’infection, la ribavirine, un antiviral à large spectre, permettrait d’améliorer l’état des patients, souligne l’OMS.

HYGIÈNE
La légionellose, un mal négligé selon les victimes


Jean-Michel Bader
[21 mars 2003]

L'Association des victimes de la légionellose (Avil) a présenté mercredi ce qu'elle considère être une «épidémie négligée» par les pouvoirs publics et le corps médical. L'Avil base sa démonstration sur le fait que cette maladie à déclaration obligatoire depuis 1987 serait largement sous-déclarée. A partir des 323 cas déclarés en 1998, les calculs de sous-déclaration se situeraient dans une fourchette de 10% des cas réels à 33% pour la société de pathologie infectieuse de langue française. La montée en puissance des déclarations est nette : elle passe de 80 cas en 1996 à 610 cas en 2000. Dernier chiffre officiel : 1 020 cas répertoriés en 2002. Pour Me Jean-Pierre Record, rescapé d'une légionellose, et qui dit se baser sur les bulletins épidémiologiques hebdomadaires de l'Institut national de veille sanitaire (INVS), et le système Eurosurveillance, «les cas déclarés représenteraient seulement un huitième des cas estimés».

L'épidémie serait aussi négligée par la loi. Si les textes réglementaires existent pour les bâtiments accueillant le public, il ne s'agit malgré tout que de circulaires du ministère de la Santé de 1997, 1998 et juin 2000, «les plus bas dans la hiérarchie réglementaire», a-t-il déclaré. Et ils ne concernent que les établissements hospitaliers ou les établissements thermaux. «Rien n'est prévu pour l'entretien et la surveillance des réseaux d'eau chaude et de climatisation des immeubles privatifs.» Or il existe, à Paris comme dans d'autres grandes villes, des grosses copropriétés qui poseraient, du fait du kilométrage de tuyaux, des centrales thermiques, des tours aéroréfrigérantes, les mêmes problèmes que les bâtiments publics. Il est certain que les professionnels de l'immobilier retiennent leur souffle : soit ils ne font pas faire d'analyses, et craignent en cas de contamination d'être accusés de négligence ; soit ils en font, et lorsqu'elles sont positives (parfois au-delà de 100 fois plus que le seuil acceptable) ils doivent affronter les assemblées de copropriétaires pour leur proposer des travaux hors de prix. Sans parler de la dépréciation du prix du mètre carré des immeubles concernés en cas de revente, comme le carré Vauban à Paris (avec des chiffres de 100 000 légionelles par litre).

Bénédicte de Kerpréjean, de l'Avil, a précisé qu'en plus des circulaires DGS et de la loi SRU du 13 décembre 2000 (solidarité du renouvellement urbain) posant le problème des locataires face à la maintenance des réseaux sanitaires, il existe un rapport du conseil supérieur d'hygiène de France paru en 2001 qui définit les mesures de prévention pour le public et le privé, les méthodes de diagnostic et de dépistage ; un décret du 30 juin 2002 définissant les caractéristiques du logement décent. «En revanche, c'est le vide juridique pour tout ce qui concerne copropriétaires et locataires des gros immeubles.» Que se passera-t-il lorsque dans une barre de HLM, un cas de légionellose humaine sera découvert ?

«D'autant plus que le sous-diagnostic de la maladie, les normes de dépistage dépassées, les mauvaises connaissances de sources de contamination, rendent très difficile le lancement de programmes de prévention», estime Jean-Pierre Record. Certes l'INVS a lancé une enquête de 24 mois sur les facteurs de risque communautaire et sporadique. En outre le programme Ecomict, coordonné à Châtenay-Malabry (Faculté de pharmacie) par le professeur Yves Levi, et consacré à la recherche de l'écologie microbienne de la légionelle, est financé par les pouvoirs publics. Mais une vingtaine de plaintes ont été lancées par l'Avil, qui recherche une indemnisation des victimes, et cherche à se positionner comme interlocuteur auprès du gouvernement.




ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-21 13:10:29
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Jeudi 20 mars 2003

EPIDEMIE

Pneumopathie et Asie du Sud Est :

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Source: direction générale de la santé


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-20 11:17:48
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Jeudi 20 mars 2003

SYNDROME RESPIRATOIRE EGG CUL
Médecine et santé

Syndrome respiratoire aigu : sur les traces d’un virus inconnu

Dans les hôpitaux de Hongkong, le port d’un masque est de mise pour se protéger du SRAS. (AP /Anat Givon)
 
 

Jean-Paul Gonzalez, spécialiste des maladies virales émergentes, en poste en Thaïlande pour l’IRD1, fait le point sur l’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) qui s’est déclarée en Asie et contre laquelle l'OMS a lancé une alerte mondiale le 15 mars.

Quelle est la nature de l’agent infectieux responsable de ce syndrome ?
Il s’agirait d’un paramyxovirus, sous-groupe de la famille des Paramyxoviridae. Deux laboratoires, en Allemagne et à Hongkong, ont isolé un virus de ce type chez des patients. Par ailleurs le tableau clinique de la maladie et le mode de transmission correspondent bien à ces virus. La contamination se fait lors d’un contact proche avec un malade qui éternue, libérant ainsi des particules qui viennent des bronches. La durée d’incubation est en moyenne de 5 jours. C’est sans doute de cette façon que les médecins et les personnels soignants ont été contaminés au départ, lors des auscultations. Il semblerait également que plus la charge virale est importante plus la maladie est grave.

Comment se manifeste l’infection ?
Le tableau clinique dont on dispose actuellement est celui d’une pneumopathie classique. Tout commence par une forte fièvre, accompagnée de courbatures, suivie d’un syndrome pulmonaire, avec toux et maux de gorge. L’infiltration des poumons provoque ensuite une insuffisance respiratoire qui s’aggrave rapidement, nécessitant une oxygénation du patient. Sans cela, le manque d’oxygène entraîne une insuffisance cardiaque et un risque d’arrêt cardiaque. Mais il faudrait s’assurer qu’il n’y a pas d’autres manifestations cliniques de l’infection qui aideraient à son diagnostic.

Comment peut-on soigner ce syndrome respiratoire aigu ?
Il existe des traitements contre d’autres paramyxovirus, un groupe auxquels appartiennent les virus de la rougeole ou des oreillons. Mais on ne connaît pas leur efficacité contre ce virus-là, encore inconnu.

Y a –t-il un lien entre les cas de SRAS et l’épidémie qui a touché la province chinoise de Guangdong entre novembre et février ?
Il y a beaucoup de Chinois qui voyagent au Vietnam ou à Hongkong, le virus pourrait donc provenir de Chine. Les épidémiologistes sont sur cette piste mais les informations sur l’épidémie chinoise sont encore parcellaires. Ce qui est important c’est de retrouver le premier cas humain de l’infection pour remonter jusqu’au réservoir du virus. Dans le cas d’un paramyxovirus, il pourrait s’agir d’un oiseau, d’un rongeur ou d’un tout petit mammifère.

Propos recueillis par Cécile Dumas
(20/03/2003)

1/ Jean-Paul Gonzalez est directeur de l'unité de recherche "Maladies virales émergentes et systèmes d'information" de l’Institut de recherche pour le développement (IRD).


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-20 10:12:06
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Mercredi 19 mars 2003

EPIDEMIE
SANTE

Le virus de la pneumonie
serait identifié

Des chercheurs en Allemagne et à Hong Kong ont annoncé avoir peut-être identifié l'origine possible de l'épidémie.
Quatre cas "probables" de la maladie ont été signalés à Orléans.

 
Une infirmière avec un masque à Toronto (AP)
 
Selon une information donnée mercredi après-midi par le ministère de la Santé, quatre cas "probables" de la pneumonie détectée en Asie ont été signalés à Orléans mais on ne peut toujours pas parler de "cas avérés".
Les quatre malades, comme la quasi totalité des victimes de la maladie, venaient du sud-est asiatique et ont été admises mardi au Centre hospitalier régional d'Orléans.
Par ailleurs, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé que le "syndrome respiratoire aigu" en question est en bonne voie d'être circonscrit à travers le monde en dehors du Vietnam, de Hong Kong et de la Chine.
David Heymann, directeur exécutif de l'OMS pour les maladies transmissibles, a confirmé également qu'une piste est actuellement explorée, qui pourrait résulter dans l'identification de la famille de virus qui pourrait être la cause de ce syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS).
Il a aussi souligné qu'il n'y a pas de cas de transmission secondaire depuis que l'alerte globale a été lancée la semaine dernière.
"Nous pensons que la flambée est sur la voie d'être circonscrite au moins en dehors du Vietnam, de Hong Kong et de la Chine", a-t-il déclaré à des journalistes.

"Il existe une clé"

"L'alerte globale continuera jusqu'à ce que les flambées soient contenues à Hong Kong, au Vietnam, et que nous ayons des informations de Chine", a-t-il dit.
L'OMS a lancé la semaine dernière une alerte globale à toutes les autorités de santé dans le monde au sujet de cette mystérieuse maladie.
M. Heymann a répété qu'il n'y avait pas de restrictions décrétées pour les voyages, mais que les voyageurs et les personnels soignants devaient être conscients des symptômes du SARS.
Il a confirmé que deux des onze laboratoires qui tentent d'identifier la maladie ont trouvé un lien avec la famille de virus "paramyxoviridae". "Il existe maintenant une clé sur ce qui pourrait provoquer la maladie", a-t-il dit.

Neuf décès recensés

Des chercheurs en Allemagne et à Hong Kong ont en effet annoncé avoir peut-être identifié l'origine possible de l'épidémie de pneumonie atypique, qui a fait mercredi une nouvelle victime, un médecin français mort au Vietnam après avoir traité un Américain emporté par à la maladie.
L'Organisation mondiale de la Santé a recensé pour l'heure neuf décès liés au SARS (syndrôme respiratoire aigu sévère). Mais ce bilan risque de s'alourdir encore. Outre le médecin français, un professeur chinois décédé à Hong Kong le 4 mars dernier pourrait en effet avoir été atteint par l'épidémie.
Trois autres morts de pneumonie atypique ont été signalées mercredi à Hong Kong, dont une au moins est probablement liée au SARS, selon les autorités sanitaires. Quant au nombre de cas de la maladie recensés à Hong Kong, il avait grimpé mardi à 145.

Mobilisation mondiale

La dernière victime est un médecin de l'Hôpital français de Hanoï, la capitale vietnamienne, qui avait soigné l'homme d'affaires américain diagnostiqué comme étant porteur de la maladie et mort après son évacuation vers Hong Kong, a précisé le directeur général de l'hôpital Yves Nicolai. Une infirmière du même hôpital, qui avait également été en contact avec l'Américain, était décédée samedi.
Des scientifiques dans le monde entier sont mobilisés pour déterminer l'origine de cette pneumonie atypique, dont ils ignorent encore si elle est provoquée par un virus ou une bactérie.
Mais d'après des équipes de Francfort et de Hong Kong, il s'agirait d'un virus de la famille des paramyxovirus.
Des spécialistes de l'Institut de virologie médicale de l'université de Francfort ont annoncé mardi que des prélèvements effectués sur deux malades ressemblaient à un paramyxovirus, une famille de virus qui comprend notamment les virus de la rougeole et des oreillons, ainsi que des virus provoquant des pneumonies.

"Nous avons identifié le virus"

Des chercheurs de Hong Kong ont également annoncé avoir identifié un paramyxovirus comme étant à l'origine de l'épidémie de SARS. "Nous avons identifié le virus", a annoncé le Dr John Tam, spécialiste de microbiologie à l'université chinoise de Hong Kong, lors d'une conférence de presse mardi soir. "Nous avons utilisé un microscope électronique et découvert le virus dans des prélèvements effectués sur des malades".
"Si c'est ce virus qui donne à nos patients une pneumonie atypique, alors le traitement actuel que nous avons choisi est approprié", a ajouté le Dr Joseph Sung du département de médecine de l'université. Mais il a précisé que l'efficacité du traitement variait selon les patients. (AP)


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-19 12:03:08
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Mercredi 19 mars 2003

EPIDEMIE
«Nous ne savons pas ce qu'est ce virus»
Inquiétude à l'OMS sur l'épidémie de pneumopathie en Asie.
Par Pierre HASKI

mardi 18 mars 2003


 
 
 

  Pékin de notre correspondant

«Il n'y a pas de raisons de paniquer», a déclaré, hier, le chef des autorités sanitaires de Hongkong. Ce responsable venait pourtant d'annoncer le doublement, en vingt-quatre heures, du nombre de cas recensés dans le territoire ­ 83 contre 42 la veille ­ de la mystérieuse épidémie de pneumopathie atypique, qui, partie du sud de la Chine et de Hongkong, a gagné une bonne partie de l'Asie du Sud-Est, et commence à toucher d'autres régions du monde. Tout en appelant au calme, il a ajouté : «Nous admettons que nous ne savons pas ce qui se passe, nous ne savons pas ce qu'est ce virus...»

Cette épidémie a déjà fait neuf morts en Asie et au Canada, et affecte plusieurs centaines de personnes sur tous les continents, ayant toutes, semble-t-il, un lien avec l'Asie (167 cas au total, selon l'OMS). Dernier en date, un passager en provenance de Hongkong, hospitalisé hier en Grande-Bretagne, avec, apparemment, tous les symptômes ainsi qu'une Autrichienne de retour de Chine : forte fièvre, difficultés respiratoires, toux. La situation a semblé suffisamment inquiétante à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour qu'elle lance, ce week-end, pour la première fois depuis dix ans, une mise en garde contre le risque d'épidémie mondiale due au trafic aérien. Plusieurs pays ont annoncé des mesures prophylactiques dans les aéroports, et certaines compagnies aérien nes, comme la hongkongaise Cathay Pacific, ont pris des «mesures de précaution sanitaires» non spécifiées.

Inefficaces. Baptisée «Severe Acute Respiratory Syndrome» (SARS), cette nouvelle forme de pneumopathie n'a pas en core été identifiée, et les médi caments comme les antibiotiques ne semblent pas très efficaces. Elle semble liée, bien que la preuve n'en ait pas encore été apportée, à l'épidémie mystérieuse qui avait éclaté, en février, dans la province du Guangdong, dans le sud de la Chine, affectant plus de 300 personnes et faisant 5 morts.

A Hongkong, qui se trouve au coeur de l'épidémie et de sa propagation en raison de son statut de plaque tournante régionale et internationale, l'inquiétude est d'autant plus vive que le personnel hospitalier a été atteint. A l'hôpital Prince-de-Galles, où a éclaté l'épidémie, 49 membres du personnel ont été contaminés, et les opérations non urgentes interdites.

Panique. Il en va de même au Vietnam, où une infirmière vietnamienne de l'hôpital français de Hanoi est décédée samedi. A Hanoi, au moins 48 personnes avaient contracté hier la maladie, dont 4 ressortissants français, l'un d'eux se trouvant dans un état sérieux. Selon l'AFP, un début de panique s'est emparé de Hanoi, une réaction «non justifiée» actuellement, selon le Dr Yves Nicolai, directeur général de l'hôpital français, une struc ture privée qui a cessé toute activité médicale classique pour se consacrer uniquement à la lutte contre le SARS.

A travers toute l'Asie du Sud-Est, mais surtout à Hongkong, plus touchée qu'ailleurs, la population a commencé à porter des masques, dans l'espoir de se protéger du virus. En février, les Cantonais avaient fait une razzia sur le vinaigre blanc dans les supermarchés alors que l'épidémie se développait en ville, une rumeur prétendant que les vapeurs de vinaigre bouilli suffisaient à faire barrage au virus. Un enfant avait trouvé la mort, intoxiqué par ces vapeurs dans son sommeil. Pour prévenir toute nouvelle panique, les autorités ont supprimé toute information sur cette épidémie dans les médias, alors que la frontière entre Hongkong et la province du Guangdong est ouverte et voit passer une foule considérable.

Experts. Hier, l'OMS a indiqué que les autorités chinoises n'avaient signalé aucun nouveau cas depuis que l'épidémie a été contrôlée, en février. Mais, en raison du manque de crédibilité de l'information chinoise, plusieurs pays ont étendu leurs mises en garde à leurs ressortissants au sud de la Chine. Une équipe d'experts de l'OMS est attendue en Chine, afin de déterminer s'il existe un lien entre l'épidémie de février et l'actuelle. Pour Henk Bekedam, représentant de l'OMS à Pékin, «il y a une maladie. Les gens tombent malades et en meurent et nous ne savons pas de quoi il s'agit».

La France en état d'alerte préventive
Tous les Samu du pays sont mobilisés.
Par Sandrine CABUT

mardi 18 mars 2003


 
 
 

«Sont considérés comme à risque les voyageurs revenant d'un des pays d'Asie touchés, et rentrés depuis le 1er mars...» Le directeur de la santé
 

nvoi d'une équipe spécialisée sur place ; mobilisation de tous les Samu de France pour prendre en charge d'éventuels cas chez des voyageurs de retour d'Asie ; recherche active de tous les personnels soignants qui rentrent d'une mission à l'hôpital français de Hanoï... Bien qu'aucun cas de pneumonie atypique n'ait été, pour l'instant, confirmé en France, la Direction générale de la santé (DGS) s'est mise en alerte.

Appels inquiets. «Nous avons mis en place un dispositif complet à trois étages», a expliqué hier à la presse Lucien Abenhaim, directeur de la santé. D'abord, un numéro vert (1) d'information du public a été ouvert dimanche soir. Il serait déjà saturé, selon la DGS... «Sont considérés comme à risque les voyageurs revenant d'un des pays d'Asie touchés, et rentrés depuis le 1er mars, rappelle Lucien Abenhaïm. En cas de fièvre à plus de 38 °C et de gêne respiratoire, ils sont invités à contacter d'abord et avant tout le Samu.» Et d'insister : «Il est préférable de ne pas se rendre dans un service d'urgence, car le risque de contamination du personnel est important lors de "manipulations" de malades.» Hier matin, le Samu de Paris avait déjà reçu cinquante-cinq appels inquiets, et deux personnes avaient été hospitalisées par précaution, sans que le diagnostic soit confirmé.

Deuxième étage du dispositif : la recherche active des personnels revenant de l'hôpital français de Hanoï, un des plus grands foyers de l'épidémie. Selon la DGS, tous ont été contactés, et tous, sauf un, ont été examinés par des spécialistes. Aucun ne présente de symptômes évocateurs. Enfin, l'équipe de spécialistes envoyée à Hanoï (Libération du 15 et16 mars) prête main forte à l'OMS pour tenter de cerner la cause de l'épidémie, toujours mystérieuse. La première série de prélèvements à la recherche de grippe était négative, tout comme les premières analyses «rapides» effectuées par le biologiste de Pasteur. Les épidémiologistes continuent cependant de craindre une mutation du virus grippal, qui pourrait déclencher une épidémie mondiale. D'autres prélèvements vont être envoyés en France via un pont aérien. Sont aussi attendus les résultats des analyses confiées au CDC, le centre de contrôle des épidémies d'Atlanta.

Précautions. La maladie, qui serait surtout contagieuse lors de contacts étroits, nécessite des précautions pour les soignants : double paire de gants, masque et lunettes de protection. «Il n'y a en revanche pour l'instant aucun cas confirmé chez des personnes qui n'ont pas été en relation avec des malades», avance, prudent Lucien Abenhaïm. Hier, le ministère des Affaires étrangères a décidé de financer l'envoi en Asie de quatre médecins biologistes, et l'ambassade de Hanoï sera renforcée.

(1) 0 800 150 160.

Un mutant de la grippe du poulet ?

SI LES SCIENTIFIQUES restent prudents sur la nature de l'agent infectieux, une hypothèse a été jugée « sérieuse » par le professeur Lucien Abenhaim, directeur général de la Santé. Il pourrait s'agir d'un « virus mutant de la grippe aviaire », c'est-à-dire un virus grippal, existant chez les oiseaux (migrateurs, volailles), et qui serait modifié génétiquement pour infecter l'homme. Pour le moment, les tests sur les malades n'ont pas détecté de grippe classique, mais cela laisse la porte ouverte sur un nouveau virus. A l'appui de ce soupçon est avancée l'origine asiatique commune aux pneumopathies observées et aux épizooties de grippe de volailles, comme celle qui avait conduit à l'abattage de millions de poulets à Hongkong en 1997. Coïncidence du calendrier, un rapport de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) sur les risques de transmission de ces virus à l'homme vient d'être mis en ligne *. « Nous avons été saisis du dossier en février 2001. Il est certain que cette grippe d'origine animale s'est transmise dans de rares cas chez l'homme, en Asie », explique Martin Hirch, directeur de l'Afssa, « et qu'une recombinaison génétique de ces virus est très probable. » Parmi les experts qui ont travaillé sur ce sujet on retrouve le docteur Manuguerra, le Monsieur Grippe de l'Institut Pasteur, qui a été envoyé d'urgence au Vietnam. Le groupe de travail de l'Afssa recommande de lancer des programmes de surveillance accrus. * www.afssa.fr.

Eric Giacometti


Le Parisien, mardi 18 mars 2003

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-19 11:54:44
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MEDECINE PAR ERIC JL BRETON - EPIDEMIE